‹ OzanamChapitre 95 sur 171 · Les Germains avant le Christianisme, p · texte numérisé non relu

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l'historien 231

confiance peut-être excessive dans les résultats qu'il peut donner : je veux dire l'archéologie préhistorique. C'est une lacune inévitable de son temps ; les recherches méthodiques et les grandes trouvailles n'avaient pas encore été faites.

Deux chapitres sur la Civilisation romaine chez les Germains, et la Résistance des Germains à la civilisation romaine, terminaient le volume et le rattachaient à la Civilisation chrétienne chez les Francs*.

Mais entre temps le plan de l'auteur s'était singulièrement élargi, ou pour mieux dire le grand dessein qui sommeillait confusément dans son esprit s'était dégagé. On a souvent cité la lettre, devenue presque célèbre, où il faisait à son ami Foisset confidence de ses projets2. Nous en reproduirons une fois de plus les passages essentiels. Elle est comme un pendant de la lettre de jeunesse où il lançait l'idée de sa Démonstration de la religion catholique ; c'est toujours la même aptitude à concevoir les grands ensembles et la même noble ambition intellectuelle, et toujours aussi le même coin d'illusion généreuse. Ozanam était de la race des enthousiastes qui pensent que le premier devoir est de s'imposer plus qu'on ne peut faire.

« Mes deux essais sur Dante et sur les Germains sont pour moi comme les deux jalons extrêmes d'un travail dont j'ai déjà fait une partie dans mes leçons publiques, et que je voudrais reprendre pour le compléter. Ce serait l'histoire littéraire des temps barbares ; l'histoire des lettres et par conséquent de la civilisation depuis la décadence

1. Le premier volume des Etudes Germaniques obtint de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, en 1849, le grand prix Gobert; distinction d'autant plus flatteuse qu'ellene pouvait être attribuée, comme il arrive parfois^ à un accident heureux, l'absence, celte année-là, de concurrents sérieux. Le second prix fut en effet décerné à l'Histoire des Albigeois de Schmidt, ouvrage de haute valeur et qui en d'autres circonstances aurait été très digne d'un premier prix. Une lettre (inédite) d'Ozanam à Ampère (21 juillet 18Ï9, communication de M. et M"" Laurent Laporte) donne les noms de quelques-uns des académiciens qui l'avaient soutenu: Victor Leclere, Villemain, Pardessus, Laboulaye, Lenormant, Mérimée, Vitet. Le prix Gobert fut renouvelé h Ozanam après la publication du deuxième volume des Etudes Germaniques .

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