Mélanges, X. I, p
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dans notre pays une direction nouvelle. Et non pas seulement dans notre pays.
« Tournez vos regards sur les peuples qui nous environnent : dites, quelle est cette main invincible qui entraine dans le sein du catholicisme les savants de l'Allemagne protestante? Quelle est cette énergie victorieuse qui a ramené au giron de l'Eglise les Creutzer, les Schlegel, les Haller, les Stolberg, les d'Eckstein, devenus les appuis inébranlables de leur mère adoptive? Dites, comment se fait-il que l'Angleterre émancipe le catholicisme et se sente poussée elle-même vers cette grande unité dont un roi tyran la sépara? Comment se fait-il qu'aux Etats-Unis le nombre des catholiques, qui était de cinq mille à l'époque de l'indépendance américaine, soit de cinq cent mille aujourd'hui ? Jetez les yeux sur l'Irlande et la Pologne, et voyez ce que peut encore la vertu de la croix : ou bien encore, retournez-vous vers la Suisse, vers les jeunes républiques de l'Amérique méridionale. Là, tandis que le protestantisme se montre surtout favorable à l'aristocratie, par laquelle il avait pénétré dans l'Europe, le catholicisme, fidèle à la cause des peuples, veille au maintien des antiques libertés : il règne encore dans les cantons de Schwitz, Uri, Unterwalden ; il fleurit dans les murs de Mexico et de Lima : Guillaume Tell avait murmuré sa naïve prière le jour où il donna l'indépendance à sa patrie, et les derniers soupirs de Bolivar se collèrent sur le crucifix.
« Oh ! que c'est donc avoir la vue courte et l'esprit faible, que de s'en aller faisant l'oraison funèbre du christianisme, parce qu'on a abattu quelques croix dans Paris, ou parce qu'une cabale irréligieuse s'est opposée quelque part aux processions publiques ! Pour nous, nous acceptons l'époque actuelle comme la fin des temps de doute, comme l'heure où X examen achève de s'opérer, où la conviction, va avoir son tour1. »