Mélanges, t. I, p. S
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Et, dès lors, Ozanam peut conclure :
« Nous avons tracé à grands traits le tableau du christianisme : comme son divin auteur, il n'a pas d'autre li is loi rc que celle de ses bienfait s , prœteriit bene faciendo* . »
Sous son action, la vieille terre de France refleurira; elle se parera de la sagesse de ses institutions et de la triple gloire des sciences, des arts, de l'industrie :
« Cette œuvre est à vous, jeunes gens... Voici que la religion de nos pères vient s'offrir à vous, les mains pleines. Ne détournez pas vos regards; car, elle aussi est généreuse et jeune comme vous. Elle ne vieillit point avec le monde : toujours nouvelle, elle vole au devant des progrès du genre humain; elle se met à sa tête pour le conduire à sa perfection... Appuyée désormais, non plus sur un sceptre fragile, ni sur des trônes croulants, mais sur les bras puissants de la science et des arts, elle va s'avancer comme une reine vers les siècles futurs2. »
Le Progrès par le christianisme qu'Ozanam, âgé de vingt-deux ans, fit paraître, en 1833, dans la Revue Euro" péenne qui inaugurait une série nouvelle, esquisse une philosophie de l'histoire universelle3. L'épigraphe Estole perfecti indique assez que l'inspiration en est la même que celle des Réflexions sur la doctrine de Saint-Simon. Mais cette étude revêt un caractère beaucoup plus abstrait.
L'auteur met d'abord en lumière le contraste entre les aspirations de son temps telles qu'elles lui apparaissentet la médiocrité des résultats obtenus; entre l'immensité des vœux et l'impuissance des efforts, d'où les déceptions des âmes les plus hautes, l'inquiétude et l'agitation de la multitude. Que révèle ce contraste? Un double besoin : celui de croyance et celui de progrès.
Quelle, doctrine lui donnera satisfaction ? Successivementtoutesles écolesphilosophiques qui se sont succédées depuis le xvme siècle y ont échoué. Les encyclopédistes