‹ Ozanam, livre du centenaireChapitre 17 sur 192 · Oz\nam, op. cit., p. 94, n · texte numérisé non relu

Oz\nam, op. cit., p. 94, n

SON APOSTOLAT INTBLLFCTUEL 29

assis à sa table d'écolier, s'attachait, sans perdre une minute, à développer son article du Précurseur, à lui donner une forme tout à la fois plus ample et plus précise ; et il publiait, sous le titre : Réflexions sur la doctrine de Saint-Simon, une brochure de près de cent pages. En même temps qu'on y retrouve l'écolier d e philosophie à qui l'abbé Noirot avait fait aimer Descartes, on y saisit, éparses, esquissées d'une main qui parfois tâtonne encore, mais qui, même tâtonnant, sait viser et frapper l'adversaire, quelques-unes des grandes lignes de l'édifice apologétique qu'il concevait; lisez, par exemple, cet effort de synthèse où il s'applique à montrer, dans tous les cultes, l'idée de Trinité l. On y pressent, dans des pages éloquentes sur la fraternité chrétienne2, le futur initiateur de la charité contemporaine. Cette brochure de jeunesse claironne la vitalité du catholicisme : de Lyon, le jeune auteur savait regarderie monde, et l'Eglise dans le monde.

L'esprit humain a secoué ses ailes, s'écriait-il ; il s'est élevé à des pensées morales, platoniques et chrétiennes. Des génies puissants, partis chacun d'une sphère d'idées particulières, sont arrivés au même résultat : MM. de Maistre, de Bonald et Cousin ont fait succéder des doctrines grandes et généreuses aux désolantes maximes de Condillac et de Volney... Le catholicisme s'est choisi, dans la personne de MM. de Chateaubriand et de Lamennais, de glorieux défenseurs. Tandis que MM. Cuvier et de Humboldt prouvaient l'accord des recherches savantes avec les Livres de Moïse, un professeur illustre, malgré son attachement à la secte protestante, proclamait loyalement les bienfaits de l'Eglise; Benjamin Constant rendait un hommage éclatant à la religion chrétienne, dans un ouvrage entrepris sous une inspiration athée ; M. Michaud retraçait d'une main pieuse les nobles souvenirs des croisades; M. de Lamartine faisait entendre les accents d'une poésie vraiment chrétienne 3.

Il promenait son regard sur l'ensemble de l'univers. Il questionnait l'Allemagne : « Quelle est, demandait-il, cette énergie victorieuse qui a ramené au giron de l'Eglise

i. Ozanam, op. cit., p. 18, n. i.

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