‹ Ozanam, livre du centenaireChapitre 180 sur 192 · Poètes franciscains, p · texte numérisé non relu

Poètes franciscains, p

l'apologiste 443

peur que les larrons la détroussent. Pauvreté frappe à la porte des ^ens ; elle n'a ni bourse, ni besace; elle ne porte rien avecelle, si ce n'est son pain... Pauvreté meurt en paix; elle ne l'ait pas de testament; on n'entend point parents et parentes se disputer son héritage. Pauvreté, pauvrette, mais citoyenne du ciel, nulle chose de la terre ne peut réveiller tesdésirs... Pauvreté, grande monarchie, tu as le monde en ton pouvoir, car tu possèdes le souverain domaine des biens que tu méprises4. »

Même en ce livre tout de grâce littéraire, il ne saurait cacher son dessein : « C'est, écrit-il, une nouveauté en faveur aujourd'hui de retourner aux sources du paganisme pour y chercher l'inspiration poétique. Cependant nous allons voir ce que pouvait l'Evangile pour féconder les imaginai ions; non pas l'Evangile affadi parles inventions des rhéteurs, et plié aux caprices de l'épopée profane, mais l'Evangile avec toute l'autorité de ses commandements et toute la terreur de ses mystères2. »

Au service de celte grande et constante pensée apologétique, Ozanam a mis trois qualités qui ne se trouvent que bien rarement réunies dans un même homme : la science, l'éloquence et la poésie. J'aurais mauvaise grâce à entreprendre d'en donner la preuve après les deux études de M. Edouard Jordan et de M. Henri Cochin qui ont tout dit et bien dit. On me permettra seulement d'insister un peu sur un pointde vue déjà indiqué par M. Jordan, la légitimité même de la position prise par Ozanam, ou le droit qu'a tout penseur, fût-il par ailleurs un érudit, d'utiliser au profit d'une thèse les faits de l'histoire, et donc, s'il y a lieu, au profit de la cause catholique et du rôle de l'Eglise à travers les âges. En vérité, ceux qui protestent contre cette méthode, quand elle tourne à l'avantage de

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