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Ozanam, Mélanges, II, p

science, doctorale et brillante, prétendait imposer aux jeunes consciences. Il écrivait dès le 10 février i832 : « Chaque fois qu'un professeur rationaliste élève la voix contre la révélation, des voix catholiques s'élèvent pour répondre. Nous sommes unis plusieurs dans ce but. Déjà deux fois j'ai pris ma part de ce noble labeur en adressant mes objections écrites à ces messieurs1. »

Assez nombreux, ce semble, étaient les cours où cette jeunesse se portait. Au Collège de France, on allait entendre Lerminier, qui professait les législations comparées2; ou bien l'on écoutait Ampère « justifier par une brillante théorie géologique l'antique récit de la Genèse » 3. A la Sorbonne, un peu plus tard, on s'assit près de la chaire de Michelet; on épiait sur ses lèvres « un sentiment qui ressemblait à l'esprit de retour vers les doctrines chrétiennes » ; on lui savait gré de ne pas se faire gloire de son incroyance ; on avouait ne pouvoir contempler sans émotion son front que le travail sillonnait de rides prématurées, ses cheveux blanchis avant l'âge; et l'on pleurait « bien des larmes » tandis que sa « parole chaleureuse » redisait la vie et la mort de Jeanne d'Arc*.

Deux cours où l'on faisait bonne garde, et où l'on agissait, étaient ceux de Letronne et de Jouffroy. Une première fois, Letronne avait traité la papauté d'« institution passagère, née sous Charlernagne, mourante aujourd'hui » ; une seconde fois, il avait accusé le clergé d'avoir constamment favorisé le despotisme. Certains gestes de tète, fort expressifs, par lesquels Ozanam repoussait les allégations du professeur, furent surpris par un autre étudiant catholique, qui ne le connaissait pas encore; il s'appelait Lallier, et son nom devait s'inscrire, à côté de celui d'Ozanam, dans l'histoire des conférences de Saint-Vincent de Paul. Les jeunes catholiques ripostèrent

i. Lettres d'Ozanam, I, p. 46.

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