‹ Ozanam, livre du centenaireChapitre 30 sur 192 · Ozakam, Mélanges, I, p. 5i2-5i · texte numérisé non relu

Ozakam, Mélanges, I, p. 5i2-5i

en janvier i832 sous la direction de Bailly, et qui, moins de deux ans plus tard, devait fusionner avec {'Univers religieux de l'abbé Migne, affichait un programme auquel un espritcomme celui d'Ozanamne pouvait refuser de prendre intérêt. Tout dans cette gazette devait lui plaire : les indifférences quelle étalait et les enthousiasmes qu'elle proclamait, les insistances qu'elle affectait et les silences dont elle se faisait une loi, le genre d'informations auquel elle aspirait, et le genre de ton qu'elle s'imposait. « On ne nous verra point, écrivait Bailly dans le numéro-programme, nous passionner pour des formes politiques, passagères et variables, après tout, quelles qu'elles soient. » Ozanam, tout le premier, refusait de se passionner pour ces contingences, aussi bien pour les partis de gauche que pour le vieux royalisme, « glorieux invalide, disait-il, qui ne saurait, avec sa jambe de bois, marcher au pas des générations nouvelles » ; il détestait les pouvoirs qui, « pareils aux prétendants de Pénélope, voyant l'Eglise seule en ce monde, pensaient la séduire et régner sous son nom »2, et ce n'est pas lui, assurément, qui eût songé à chicaner Bailly sur l'exacte nuance de son drapeau politique. « Je ne nie, je ne repousse aucune combinaison gouvernementale, écrivait-il un jour à Falconnet, mais je ne les accepte que comme instruments pour rendre les hommes plus heureux et meilleurs '. » Mais Ozanam, tout comme Bailly, aimait à tourner ses regards vers l'Amérique, vers l'Allemagne, vers l'Angleterre, pour y chercher des consolations. « L'Angleterre, écrivait Bailly, semble revenir, comme par enchantement, à la foi de ses pères, les conversions sont nombreuses en Amérique, et le mouvement scientifique de l'Allemagne est tout entier en faveur des doctrines catholiques. Nous ne négligerons aucune occasion de constater ces heureux progrès qui se font sous la double protection de la science et d'une libre discussion. » Ozanam, avec sa large curiosité d'esprit, devait savoir gré à Bailly de cette autre déclaration : « Nous tâcherons de

Page 1