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Expression de LacorJaire à propos d'Ozanam

2. Lettre à Ampère, 12 nov. 1^50 : « Je me défie de la monotonie et de la solennité de mon style. » [Lettres, II, 282.1

de la fermeté à son style naturellement pâteux. Ozanam raconte qu'il trouvait dans sa chaire (presque une tribune1, alors) la chaleur qui l'abandonnait quelquefois dans le cabinet 2.

Cet enseignement très suivi, très goûté, fut malheureusement interrompu par la maladie, dans le courant de l'année 1846-1847. Si elle n'avait été le premier avertissement de sa fin prématurée, il faudrait se féliciter de cette interruption, car elle fut pour Ozanam le moyen d'un progrès nouveau. A cet homme qui n'avait jamais négligé une occasion d'apprendre, un moyen de s'instruire avait manqué. A lui comme à beaucoup d'autres, d'ailleurs. Pendant la plus grande partie du xixe siècle, il y a eu là un défaut commun à presque tous les historiens français, à la seule exception des anciens chartistes. L'Ecole des chartes était le seul établissement où fût organisé l'enseignement « des sciences auxiliaires et des moyens techniques d'investigation3 ». Ailleurs les étudiants en histoire ne recevaient qu'une éducation littéraire. Ozanam, qui avait suivi tant de cours, n'avait et ne pouvait avoir reçu nulle part une initiation méthodique à la paléographie, à la diplomatique, à la philologie romane, à la chronologie technique ; en un mot aux diverses sciences qui enseignent à trouver les documents, à les lire, à les comprendre, à les critiquer. En toutes ces matières, qui ne s'apprennent bien que par «dressage » et sous la direction d'un maître, il n'était qu'un autodidacte, instruit tant bien que mal par le hasard des lectures, ou la consultation des spécialistes sur des points particuliers ; mieux préparé, par conséquent, et plus enclin à mettre en œuvre les matériaux accumulés par autrui, qu'à explorer par lui-même les bibliothèques et les archives. Il avait le sentiment de ce qui lui manquait

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