Ozanam, Tlicse, p
l'historien 191
de l'esprit humain, ou font pensera la philosophie grecque et arahe beaucoup plus qu'aux spéculations de l'Extrême- Orient. Il semble bien aussi exagérer l'influence de Dante sur l'avenir; et lorsqu'il lui attribue une vague prévision de l'attraction universelle, de la découverte de l'Amérique, ou des théories géologiques, il est dupe de rapprochements verbaux. Ce qui est parlait de science, de justesse et de mesure, « ce qui témoigne éloquemment de l'étendue de ses études1 », ce sont les pages où il montre chez Dante « un éclectique chrétien2» (l'expression n'était-elle pas d'actualité, et une innocente politesse à l'égard de Cousin?) Dante concilie en lui le platonisme et l'aristotélisme, le mysticisme et le rationalisme, saint Bonaventure et saint Thomas (qu'il associe, aux chants X à XIII du Paradis, dans une égale admiration); il emprunte à celui-ci sa méthode rationnelle et l'ensemble de sa doctrine, à celui-là une bonne part de ses théories morales, sur les rapports de l'erreur et du vice, de la vertu et du savoir, du physique et du moral; il est original précisément par la largeur d'esprit avec laquelle il se place au-dessus des systèmes et des écoles, et les rapproche dans une harmonieuse synthèse, résumé de la sagesse du Moyen Age3.
1. Expression de l'article, cité plus loin, de l'Allgemeine Literaiurzeitung de Halle.