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furieuses satires dont la Divine Comédie est remplie. Le mal ne se rencontre à l'état absolu, pour ainsi dire, que dans la percluta gente, dans la cité des méchants. Sur terre, il lutte avec le bien; et cette lutte ayant pour théâtre l'homme, qui vit dans le monde et qui en dépend, ce sera l'occasion d'exposer l'anthropologie et la cosmologie de Dante, sa théorie de la conception et de la survie des âmes, sa logique, son analyse des passions dérivant toutes de l'amour. La lutte s'achève par la purification du mal et le triomphe du bien, dans le Purgatoire. Le bien enfin résulte pour l'homme de l'accomplissement de ses deux destinées d'ici-bas, « l'une active, où il s'efforce d'opérer luimême, l'autre contemplative où il considère les opérations de Dieu et de la nature. Ces deux destinées, figurées dans l'Ancien Testament par Lia et Rachel, dans le Nouveau par Marthe et Marie, sont représentées dans le poème [de Dante] par Mathilde, la grande et énergique comtesse, et par Béatrix, la sainte inspirée ' . » Elles sont aussi proposées comme fin à l'humanité prise dans son ensemble, à l'humanité conduite et encadrée par les organisations politique et religieuse. La monarchie impériale et la monarchie pontificale, universelles chacune dans sa sphère et parfaitement distinctes, réalisent autant qu'il peut l'être sur terre le bien temporel et le bien spirituel. Mais la satisfaction complète du bonheur dont l'homme est capable, il ne la trouvera que dans la contemplation de Dieu enfin dévoilé ; la théodicée couronne tout cet exposé philosophique, comme le Paradis est le terme de la Divine Comédie. Restait à rechercher les sources de ces doctrines et à leur assigner leur place dans l'histoire de la pensée humaine. Il n'y avait peut-être pas lieu de parler d'influences orientales: Ozanam s'est beaucoup exagéré la connaissance que le xme siècle, et Dante en particulier, pouvaient avoir des doctrines brahmaniques ou bouddhiques. Les ressemblances qu'il signale, ou sont des rencontres inévitables