‹ P.-J. de BérangerChapitre 113 sur 147 · LES TAMBOURS · texte numérisé non relu

LES TAMBOURS

Air : Faut cCla vertu, etc.

Tambours, cessez votre musique ; • Rendez la paix à mon réduit.

J'aime peu votre politique, Et moins encor j'aime le bruit.

Terreur des nuits, trouble des jours, \

Tambours, tambours, tambours, tambours, I g. M'étourdirez-vous donc toujours, f

Tambours, tambours, maudits tambours ! ]

Grâce à vos roulements stupides, Ma vieille muse en désarroi Retrouve des ailes rapides, Mais c'est pour s'enfuir loin de moi.

Quand la nappe ici se déploie, Qu'on y fait trêve aux noirs frissons, Gronde un rappel; adieu la joie !

H redouble ; adieu les chansons !

Je chantais un peuple de frères ; Le tambour bat : j'avais rêvé. Le sang de maints partis contraires Fraternise sur le pavé.

Sous l'Empire ils ont fait merveille :

J'ai vu ces racoleurs puissants Du génie assourdir l'oreille, Étouffer la voix du bon sens.

Celui qu'à régner Dieu condamne, S'il veut faire en grand son métier, Sait combien il faut de peaux d'âne Pour abrutir le monde entier.

En France, où leur esprit domine, A l'église ils vont bourdonner.

Tout charlatan se tambourine; Tout marmot veut tambouriner...

Ils flattent jusque dans sa bière

Le sot qui meurt chargé de croix ;

Et font vœu, chez la cantinière,

De battre aux champs pour tous les rois...

Nous, peuple épris en politique Du tapage et des galons d'or, Pour présider la République, Faisons choix d'un tambour-major...

Dernières Chansons, 205.

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