LES ŒUVRES DE BÉRANGER
Editions originales.
Nous n'énumérerons pas les pièces détachées que Béranger a données aux recueils poétiques du Directoire et de l'Empire. Celles de ces poésies qui lui paraissaient avoir quelque mérite, il les a reproduites dans ses recueils originaux ; les autres, il les a désavouées. Le bibliophile Jacob (Paul Lacroix) en a publié
une vingtaine dans l'Intermédiaire des chercheurs et des curieux, années 1869 et 1870.
1° Le premier recueil de chansons parut à la fin de 1815, imprimé par Poulet, sous ce titre : Chansons morales et autres, par M. P.-J. de Béranger, convive du Caveau moderne, avec gravures et musique. Paris, à la librairie d'Alexis Eymery, rue Mazarine, 1816.
2° Le second recueil fut imprimé par Firmin Didot, en 1821. H est intitulé : Chansons, par M. P.-J. de Béranger. A Paris, chez les marchands de nouveautés, 2 vol.
Des deux volumes, le premier est la réédition de 1816, avec cinq chansons en moins et trois en plus. Le deuxième est entièrement original.
3° Ce recueil ayant été poursuivi et condamné, Béranger fit paraître la relation du Procès fait aux chansons de P.-J. de Béranger avec le réquisitoire de Me Marchangy, le plaidoyer de Me Dupin, Varrit de renvoi et autres pièces. Paris, chez les marchands de nouveautés, décembre 1821.
4° En 1825, paraissent cinquante-trois nouvelles chansons de Béranger, par les soins de Charles Ladvocat et de Baudoin, Chansons nouvelles, par M. P.-J. de Béranger. Ce recueil ne fut pas poursuivi.
5° Le quatrième recueil original est de 1828 ; il ne contient que trente-quatre chansons : Chansons inédites de M. P.-J. de Béranger. (Paris, Baudoin frères, éditeurs, 1828.) Béranger fut encore condamné, pour trois chansons de ce volume.
6° Une collection de chansons fort lestes, d'une obscénité soulignée par des sous-entendus graveleux, et quelques chansons politiques très violentes furent éditées sans nom d'imprimeur et vendues sous ce titre : Chansons de P.-J. de Béranger, Supplément. (Paris, chez les marchands de nouveautés, 1829.) Elles sont bien de notre auteur, mais les très grivoises remontent à sa jeunesse.
7° En 1833, Béranger donne au public le dernier volume des œuvres qu'il veut laisser paraître de son vivant. Ce sont les Chansons nouvelles et dernières de P.-J. de Béranger, dédiées à M. Lucien Bonaparte. Paris, Perrotin, éditeur.
8° En 1846, pour une édition complète de ses œuvres, le
poète remit à son éditeur et ami, Perrotin, dix chansons nouvelles, qui figurèrent dans une publication en cinquante livraisons de toutes ses chansons.
Editions complètes de son vivant.
La meilleure édition de ses œuvres publiées de son vivant est celle de 1834, exécutée par les soins de Perrotin. Elle comprend quatre volumes in-8° et un Supplément, pour les chansons très grivoises. Nos références s'appliquent à cette édition.
Elle fut suivie d'une série de réimpressions en plusieurs formats, avec ou sans illustrations. H existe en effet plusieurs séries d'estampes, dues aux meilleurs dessinateurs de l'époque et destinées à orner le texte des éditions successives.
Œuvres posthumes.
De 1833 à sa mort, en 1857, Béranger garde en portefeuille tout ce qu'il écrit, sauf une dizaine de chansons. H dépose ses manuscrits chez un notaire à l'intention de son éditeur Perrotin, avec lequel il a passé un traité pour lui assurer la propriété de tous ses écrits, contre une rente viagère.
Immédiatement après sa mort, paraissent coup sur coup :
1° Dernières Chansons de P.-J. de Béranger, 1834 à 1851. (Paris, Perrotin, 1857.) Ces chansons sont rangées par années.
2° Ma Biographie, ouvrage posthume de P.-J. de Béranger. (Paris, Perrotin, 1857.)
Ma Biographie s'arrête à 1840. Elle contient plusieurs pièces de jeunesse, qui n'ont pas trouvé place dans les recueils de chansons. Elle est complétée par un appendice, dû aux éditeurs.
3° Correspondance de Béranger, recueillie par Paul Boileau.
(Paris, Perrotin, 1859, 4 vol. grand in-8°.) L'ouvrage contient plus de onze cents lettres, ainsi que la mention, la date et parfois l'analyse d'un très grand nombre d'autres. On en trouve d'ailleurs un certain nombre d'inédites dans les collections privées.
4° Après 1907, les œuvres de Béranger étant tombées dans le domaine public, trois de ses manuscrits, qui avaient échappé à l'autodafé prescrit par lui à ses éditeurs testamentaires, furent publiés par M. L.-Henri Lecomte dans la bibliothèque du Vieux Paris, sous le titre : P.-J. de Béranger, Œuvres inédites, le Paresseux, la Vieille femme et le Jeune mari, les Amis de Molière. (Paris, H. Daragon, éditeur.) Le volume contient une comédie en vers, un livret d'opéra-comique, un vaudeville, pour théâtre d'amateurs.
M. Brivois estimait à cinq cent mille exemplaires le nombre des volumes de Béranger qui avaient été vendus au public, de 1815 à 1876. Encore n'y faisait-il pas figurer les éditions clandestines, qui se multiplièrent surtout en Belgique.
1° Vie de Béranger, par Paul Boiteau. (Paris, Perrotin, 1861.)
2° La physionomie de Béranger, un grand nombre de renseignements sur sa vie, son esprit, etc., nous ont été conservés par les Réminiscences de Coulman. Paris, Michel Lévy, 1862- 1869, 2 voL
Les Souvenirs d'un sexagénaire, par Arnault. Paris, 1833; les Soixante ans de souvenirs de Legouvé. Paris, Hetzel.
3° A lire, mais avec précaution, car il sent systématiquement l'apologie, le livre de M. Eug. Noël : Souvenirs de Béranger. Paris, Pagnerre, 1857.
Les Mémoires sur Béranger du poète cordonnier Savinien Lapointe et l'opuscule de Thaïes Bernard, la Lisette de Béranger, ne sont qu'un fatras de puérilités ou d'invraisemblances.