‹ P.-J. de BérangerChapitre 59 sur 147 · LA VERTU DE LISETTE · texte numérisé non relu

LA VERTU DE LISETTE

Air : Je loge au quatrième étage.

Quoi ! de la vertu de Lisette Vous plaisantez, daines de cour !

Eh bien, d'accord : elle est grisette ; C'est de la noblesse en amour. (Bis.) Le barreau, l'Eglise et les armes De ses yeux noirs font très grand cas Lise ne dit rien de vos charmes De sa vertu ne parlons pas.

Bis.

D'avoir fait de riches conquêtes L'osez-vous bien railler encor, Quand le peuple hébreu dans ses fêtes Vous voit adorer son veau d'or !

L'Empire a, pour plus d'un service, Longtemps soudoyé vos appas.

Lise est mal avec la police :

De sa vertu ne parlons pas.

Point de cendre si bien éteinte Qu'elle n'y retrouve du feu ; Un marquis dont la vie est sainte Veut à la cour la mettre en jeu.

Par elle illustrant son mérite, Sur les ducs il aura le pas.

Lisette sera favorite :

De sa vertu ne parlons pas.

Çà, mesdames les dénigrantes, Si cet honneur vient la trouver, Vous vous direz de ses parentes, Vous ferez cercle à son lever.

Mais, dût son triomphe et ses suites De joie enfler tous les rabats, Se confessât-elle aux jésuites, De sa vertu ne parlons pas.

Croyez-moi, beautés monarchiques, Le mot vertu, dans vos caquets, Ressemble aux grands noms historiques Que devant vous crie un laquais. (Bis.) Les échasses de l'étiquette Guindent bien haut des cœurs bien bas : De la cour Dieu garde Lisette ! ) „ . De sa vertu ne parlons pas. ) %s'

Œuvres, III, 70.

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