‹ P.-J. de BérangerChapitre 65 sur 147 · NOUVEL ORDRE DU JOUR · texte numérisé non relu

NOUVEL ORDRE DU JOUR

Air : C'est l'amour, V amour, V amour.

Brav' soldats, v'ià Tord' du jour :

Point d'victoire Où n'y a point d'gloire.

Brav' soldats, v'ià Ford' du jour :

Garde à vous ! demi-tour !

— Notre ancien, qu'a donc fait l'Espagne?

— Mon p'tit, elT n'veut plus qu'aujourd'hui Ferdinand fass' périr au bagne

Ceux-là qui s'sont battus pour lui.

Nous allons tirer d'peine Des moin's blancs, noirs et roux, Dont on prendra d'ia graine Pour en r'planter chez nous.

— Notre ancien, qu'pensez-vous d'ia guerre?

— Mon p'tit, ça n'ira jamais bien !

(1) Cette chanson fut faite pour être répandue dans l'armée lorsqu'elle campait aux Pyrénées, avant l'ouverture de la campagne.

Vlà-z un princ' qui n's'y connaît guère C'est un' poir' moll' de bon chrétien ; Bientôt F fils d'Henri Quatre Voudra qu'un jour d'action On n'puisse aller combattre Sans billet d'confession.

— Notre ancien, quel s'ra not' partage?

— Mon p'tit, les coups d'cann' reviendront : Et puis, suivant le vieil usage,

Les nobles seuls avanceront.

Oui, s'ion not' origine, Nous aurons pour régal, Nous l'bâton d'disciplme, Eux, l'bâton maréchal

— Notre ancien, que d'viendra la France, Si je cherchons d'iointains dangers?

— Mon p'tit, profitant d' not' absence, On introduira l's étrangers,

A la fin d'ia campagne, Nous s'rons tout étonnés Qu'en enchaînant l'Espagne Nous nous s'rons enchaînés.

— Notre ancien, vous que l'père aux autres Eût fait-z officier d'puis longtemps, Marquez-nous l'pas, nous s'rons des vôtres.

— Mon p'tit, vlà du français qu' j'entends.

Si la France en alarmes Porte un trop lourd fardeau, Pour essuyer ses larmes, R'prenons not' vieux drapeau !

Brav' soldats, v'ià Tord' du jour :

Point d' victoire

Où n'y a point d'gloire.

Brav' soldats, v'ià Tord' du jour :

Garde à vous ! demi-tour !

Œuvres, II, 325,

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