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Dans ce premier silence qui suivit la publication, Proudhon, calmé, se livrait à des réflexions qui lui permettaient de se juger lui-même avec un sangfroid de critique; il s’était fait une détente en lui. Sa conviction demeurant, l’enthousiasme s’était •dissipé. 11 n’attendait ni profit ni agrément de son ouvrage, point d’éloges et pas même de discussion. Son premier soin, le livre publié et abandonné à son sort, fut de quitter Paris et de faire un temps de retraite à Besançon, pour rentrer dans son imprimerie et aviser au moyen de \ ivre et de philosopher encore :
« Je partirai d’ici (de Paris) dans les premiers jours de juillet avec notre ami Elmerich ', qui va à Strasbourg et passera par la Franche-Comté. J’attendrai à Besançon, rue des Cliambrettos, 10, ta réponse à celle-ci, et ton jugement, ou plutôt tes consolations sur mon livre. Perdre six mois à prouver des choses plus claires que le jour, et dont l’ignorance l'ait pourtant seule tous les maux du genre humain, cela est bien fait pour dépiter un esprit curieux d’apprendre et pour humilier notre orgueil. Encore si l’on tenait compte d’un pareil sacrifice! Mais qu’espérer d’un public étourdi par un millier de meneurs, et qui en est toujours à admirer celui qui parle le plus? Qu’attendre de journalistes dont les intérêts ne sont pas ceux de la vérité, de politiques et de philosophes sans cœur et sans génie? Je rentre à Besançon, je vais mettre ordre à mes affaires, m’occuper des moyens de vivre, et me préparer lentement à d’autres travaux : car désormais je veux philosopher, étudier et