‹ P.-J. Proudhon et la PropriétéChapitre 2 sur 43 · PARC PRES · texte numérisé non relu

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cet autodidacte, dédaigneux des classifications traditionnelles, et malhabile à démêler l’écheveau confus de ses idées, tous les points de vue sont constamment mélés, et conséquemment, chaque partie de l’œuvre ne s’éclaire pleinement qu’en la rapprochant laborieusement des autres. Economie, droit, politique, histoire métaphysique, religion même, c'est de tout cela que Proudhon nous entretient à la fois à propos de la propriété. Force est cependant au critique, pour être clair, d'analyser et de choisir. Nous nous occuperons surtout dans les pages qui suivent d'économie. Nous nous en tiendrons pour le reste à des indications brèves. Mais, comme simple étude d'économie, notre exposé, à moins de s'étendre à l’ensemble des théories économiques de Proudhon — et tel n’est pas, pour l’instant, notre dessein — sera nécessairementincomplet encore. La propriété, en effet, « quelle que soit son importance dans la société, n'existe pas seule... elle ne constitue pas tout le système. Elle vit dans un milieu organisé, entourée d’un certain nombre de fonctions analogues et d'institutions spéciales, avec lesquelles, par conséquent il faut qu'elle compte (1) ». Plus spécialement, les idées de Proudhon sur la propriété sont en étroit rapport avec ses idées sur l’organisation de la circulation et sur le crédit. Nous y insisterons dans notre

(1) Théorie de la Propriété, 2e éd., p. 176-177. et ce que nous disons plus loin page 135.

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dernier chapitre (1). Et c'est bien la principale lacune de notre travail que nous marquerons ainsi ; mais il faudra pour remplir cette lacune, toute une nouvelle étude qui ne pouvait entrer dans le cadre restreint de celle-ci.

Tel quel, notre exposé présente à nos yeux un double intérêt, celui de montrer, en dépit des contradictons apparentes et d’une évolution très certaine, l’unité réelle des idées de Proudhon sur la propriété, et celui d'insister, plus qu’on ne l’a fait jusqu’à ce jour, sur le côté positif de ces idées. C’est du moins vers ce double objet que nous avons fait converger nos efforts. ÎLest trop aisé de traiter Proudhon de démolisseur. Destruam et ædificabo, écrivait-il en tête des Contradictions Economiques. Qu’a-t-il voulu édifier ?

Ainsi conduite, notre recherche nous fait voir Proudhon constamment préoccupé, dans ses premières œuvres comme dans ses dernières, de mettre le paysan en possession du lopin de terre qu’il cultive, et, suivant sa forte expression, de « consommer le mariage de l'homme avec la nature (2) ». Commençant par une critique générale et théorique de la propriété, notre étude se détermine et se limite ainsi en une étude sur la propriété foncière, ou, plus précisément, en une recherche des moyens pratiques, propres à défendre et à développer la propriété paysanne. Et il nous suffisait, pour en ar-

(1) Yoif plus loin pages 174 et A (RICO EC, IN 208:

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