‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 103 sur 169 · Confessions, p · texte numérisé non relu

Confessions, p

tariat, tombée un jour d'erreur en ses débiles mains, l'obole de son abstention et de son silence ^ I

Tout le système de Proudhon repose sur une confusion perpétuelle entre l'anarchie et la liberté : « la liberté (( est anarchie », lit-on dans le mémoire de i84o. En i86i,le novateur, envisageant le développement du droit dans ses diverses catég-ories, se figure ^ avoir découvert une se/v'e chronolog-ique composée de huit anneaux, qui débute par le droit de la force et finit par le droit de la liberté, c'est-à-dire aboutit à une période où l'humanité n'est plus rég-ie que par la liberté pure, sous la loi unique de la raison. Cette thèse contient trois ou quatre erreurs fondamentales.

C'est bien à Proudhon que Bakounine emprunta sa conception chimérique de la « liberté totale ». Le sophiste français abuse des expressions « liberté absolue de « l'homme et du citoyen », « liberté illimitée «. Mais il suffît d'un frein, même purement moral, pour que la liberté ne puisse être illimitée. C'est ce que comprit le révolutionnaire allemand Max Stirner, lorsqu'il blâma notre compatriote de ne s'être pas débarrassé de la loi morale. Stirner était, au demeurant, dans l'extrême logique quand, après avoir expliqué dans YUnique et sa propriété, que le libéralisme est purement et simplement la raison appliquée à nos rapports sociaux, que son but est un ordre raisonnable, une conduite morale, non l'anarchie, c'est-à-dire l'indépendance de l'Individu, il ajoutait : ft Mais, si la raison règne, l'individu suc- « combe... Hors de moi, il n'y a point de droit. Ce qui (( me paraît de droit est de droit. Il se peut que cela ne « paraisse pas ainsi à d'autres : c'est leur affaire, non

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