‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 124 sur 169 · Troisième i)artie, chap. JV · texte numérisé non relu

Troisième i)artie, chap. JV

« ses saints; elle discute publiquement, au sein du con- « seil municipal, dans ses journaux et dans ses cercles, « tout ce qui se passe en elle et autour d'elle, tout ce qui « touche à ses intérêts. Voilà ce qu'est une commune; « car voilà ce qu'est la vie collective, la vie politique. « Or la vie est une, entière, indivisible ; elle repousse K toute entrave,, ne connaît de limite qu'elle-même; « toute coercition du dehors lui est antipathique et, si elle « n'en peut venir à bout, mortelle. Que M. Laboulaye et « ses corelig-ionnaires politiques nous disent donc com- « ment ils entendent accorder cette vie communale avec (( leurs réserves unitaires, comment ils pensent mainte- « nir côte à côte la franchise locale avec la prérog-ative « centrale, restreindre celle-ci et arrêter celle-là, affîr- « mer à la fois dans un môme système l'indépendance « des parties et l'unité du tout? Point de milieu : la (( commune sera souveraine ou succursale, tout ou rien, » 11 est impossible de ne pas rapprocher cette leçon du programme d'action tracé par Bakounine dans sa Lettre à un Français, qui la complète. La leçon fut suivie et le programme fut exécuté (1871).

Aucun de mes lecteurs n'ig-nore que, depuis neuf ou dix ans, un certain nombre de jeunes g-ens, enrôlés sous la bannière de Kropotkine, d'Elisée Reclus, ont renoué la chaîne et continuent d'opposeràl'État unitaire l'Etat fédératif, composé de petites communes indépendantes, librement constituées.

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