I. V. les lettres du aô février et du lo avril i8G
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de g-uerre ("'tait construite avec un art consommé. Pour- (|uoi s'abstenir, lui disait-on, quand la nation tient ses destinées entre ses mains, quand le suffrag-e universel est souverain? C'est qu'il est placé sous l'influence dominante du g-ouvernement et que le chef de lEtat, « g-rand élu, » seul g^ouvernant et responsable, ne peut pas être en môme temps « grand électeur » ; c'est que le corps électoral n'a pas la faculté de se réunir et de discuter publiquement les actes du pouvoir, c'est que la presse n'est pas libre, c'est qu'on acréédescirconscriptions électorales factices en vue de rompre ou de dénaturer la pensée locale et de neutraliser la portée du vote; c'est que la commune française, transformée en une succursale de la préfecture, a perdu son indépendance; c'est que la souveraineté électorale est incompatible avec le serment des députés. Les électeurs seraient censés dire à Napoléon III, par leur abstention : « Nous (( sommes prêts à faire ce que la Constitution attend de « nous, à seconder votre g-ouverncment par le renouvelle lement du corps législatif ; mais, dans la situation « qui nous est faite, nous ne pouvons pas voter sans tout « compromettre, et les principes de 89 et lesuffrag-e unice vcrsel et l'avenir de la France et notre propre honneur « et vous-même. »Elu du sufFrag-e universel et voyant le suffrag-e universel se taire devant lui, l'Empereur se rang-erait bien vite du côté de la majorité.
La g-uerre aux cinq était, selon l'expression même de Proudhon ^, « bien déclarée, bien entamée, bien acceptée ». Il poursuivit sa campag"ne avec une g-rande ardeur 2, fit décider par un groupe de républicains la formation d'un comité abstentionniste, y plaça ses amis