‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 40 sur 169 · V. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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Il commence par leur apprendre comment « la démo- «cralieouvrière fait son cntréesur la scène politique * ». Lorsqu'entre la monarchie de droit divin et la masse ouvrière il existait des classes intermédiaires : un clergé, une noblesse, unebour;iTeoisie, un tiers-état, la multitude ne pouvait figurer sur la scène politique; elle ne s'appartenait pas. Tout homme du peuple, selon sa profession, relevait d'un patron, d'un seig-neur, d'un évèque ou abbé ou du fisc. La révolution de 89 a brisé ce lien. Le peuple alors s'est trouvé abandonné à lui-même ; il a formé la classe des salariés, des prolétaires par opposition à celle des propriétaires et des capitalistes. En 1848 le socialisme, s'em parant de cette multitude inorg-anique, lui a donné la première ébauche; il en a fait un corps à part, lui a soufflé une pensée, une âme et suggéré des idées de toutes sortes, droit au travail, abolition du salariat, reconstitution de la propriété, extinction du paupérisme, etc. En deux mots, la plèbe qui, jusqu'en i84o, n'était rien, qu on distinguait à peine de la bourg-eoisie, bien que depuis 89 elle en fût séparée de droit et de fait, est devenue tout à coup quelque chose : comme la bourgeoisie, elle aspire à devenir tout.

Après quoi l'auteur passe au « développement de l'idée ouvrière et à la création du droit économique ^ ».

Poser le problème de la capacité politique de la classe ouvrière, c'est se demander : 1° si cette classe a acquis conscience d'elle-même 3; 2° si elle possède une idée, c'est-à-dire si elle s'est créé une notion de sa propre constitution, si elle en prévoit la destinée, la fin, etc. ;

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