Lettre du 11 mars
Il entrevoit, et son cœur bondit, la démocratie triom- |)liante. « On 'ne nous veut pas, s'écrie-t-il * ; c'est « connu, convenu... Eh bien ! soit, je renonce au présent, « j'accepte l'ajournement du triomphe révolutionnaire (( à i5, 20, 3o ans s'il le faut, et je me contente de le pré- « parer; cela suffit à ma subsistance et à ma g-loire. » Il sent l'approche de la révolution sociale. Elle est en marche, écrit-il dès le 5 décembre i852 ; elle va,dira-t-il encore le i5 avril i86i, un train d'enfer. Il prédira, jusqu'à son dernier jour, ce prochain avènement 2. La (( sociale » écartera simplement la vieille démocratie et prendra sa place ^. C'est alors que la face de la terre se lenouvellera sous un nouveau soleil. Les pères ont semé dans l'affliction, les fils moissonneront dans l'allégresse. Promesses imprudentes I Espérances vainement caressées ! Personne n'a reproché plus durement que vous à la plèbe française, ô Proudhon,de n'avoir que des fantaisies dans la cervelle *; personne n'eut moins que vous le droit de le lui reprocher.