‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 56 sur 169 · V. ci-dessus, t. Il, p · texte numérisé non relu

V. ci-dessus, t. Il, p

peuple. Seul, il était à même de lui procurer la g-uérison de ses maux; les autres étaient des charlatans. Il bafoua Considérant,ridicullsaFourier, écrasa Louis Blanc. Abandonnéjle 3i juillet 1 848, par les montagnards de la Constituante, il leur voua désormais une haine implacable. Après comme avant le 2 décembre, il accabla de ses sarcasmes « la queue de Robespierre » : les jacobins du dix-neuvième siècle sont « les g-ens les plus arriérés (( de l'Europe ;•), « les vrais ennemis de toutes les « libertés » ; « ils ne servent qu'à assassiner les idées et « à tromper les masses 1 ». Il cherche un trou où se rencontrent de vrais sauvag-es auxquels il pourrait inculquer le mépris et la haine des soldats, des prêtres et des jacobins ^. A certaines heures, la démocratie tout entière lui devient insupportable ; il se sent (.< le proscrit « de tout le monde ^ » et la traite en amant délaissé, c'est-à-dire en amant furieux « Je la paie de sa haine « en mépris, » dit-il uq jour ^. Il ose écrire ^ : « J'en (( ai assez de la vile multitude et des démag-og-ues. « C'est pour moi un aphorisme d'économie que la « classe la plus pauvre est, par cela même qu'elle est « la plus pauvre, la plus ing-rate, la plus envieuse, la « plus immorale et la plus lâche. » Toutefois ce même homme entend rester jusqu'au bout le maître d'école de ces polissons qui lui brisent ses lunettes sur le nez ou lui cassent la tête avec leurs sabots 6. On peut croire, avec une certaine dose de bonne volonté, que, s'il a beaucoup châtié, c'est parce qu'il a beaucoup aimé.

Page 1