‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 59 sur 169 · PREMIÈRE THÉORIE DE LA PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

PREMIÈRE THÉORIE DE LA PROPRIÉTÉ

I. — Partie critique.— %ï. De la loi civile comme fondement el sanction de la propriété. — De l'importance exag'érée que Proudhon attache aux lois romaines. — Marche de l'humanité vers la propriété personnelle. — §2. Le consentement universel ne légitime pas la propriété. — 11 fallait se demander quels mobiles out déterminé le consentement à peu près universel. — Des avantages que l'individu retire de la propriété personnelle. — Des avantages qu'en retire la famille. — Des avantages qu'en retire la nation. — Des avantages qu'en retire la société tout entière. — | 3. De l'occupation comme fondement de la propriété. — Proudhon isole systématiquement l'occupation du travail. — Origine de l'occupation : comment elle dérive de la nature des choses. — Proudhon soutient que les biens de la nature, les richesses créées par Dieu ne peuvent pas devenir des propriétés privées. Réfutation. Propriété mobilière. Comment l'occupation du sol peut aussi légitimer l'appropriation du sol. — Est-il vrai que le premier occupant empiète sur la liberté des autres hommes? — Critérium de Proudhon: l'appropriation du premier occupant heurte sa théorie d'une égalité parfaite. Comment l'égalité n'est pas la loi nécessaire ni la forme catégorique soit dans un partage initial soit dans l'exercice ultérieur du droit. — L'égalité des possessions foncières est irréalisable. — | 4- Hu travail comme fondement de la propriété. — Examen critique des différents procédés d'argumentation par lesquels Proudhon tend à prouver que le travail n'a sur les choses de la nature aucune puissance d'appropriation. — Proudhon soutient que le travail conduit à l'égalité des propriétés et conclut à l'impossibilité de la profiriété. Réfutation.

II. — Partie dogmatiijue. — Plan trop sommaire du nouvel édifice. —

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Proudhon propose de remplacer la propriété par la possession individuelle. — Contradictions. — Il laisse malgré lui subsister une certaine propriété. Il glisse, malgré lui, dans le communisme. — Egalité chimérique des conditions rattachée à l'égalité des fonctions. Nivellement des fortunes engendré par l'équilibre progressif des intelligences (troisième mémoire). — Contradictions:impossibilités.'. Réduction à l'absurde. — Proudhon admet l'héritage. Contradictions.— Proudhon admet la transmission entre vifs, mais seulement par l'échange proprement dit : réduction à l'absurde.

Proudhon occupe une place d'honneur dans le souvenir des hommes parmi les adversaires de la propriété. Son premier mémoire fut, en effet, une véritable déclaration de guerre: «Il faut, avait-il écrit dès le 12 février « i84o à son ami Ackermann, que je tue, dans un « duel à mort, l'inég-alité et la propriété. Ou je m'a- « veug-le, ou elle ne se relèvera jamais du coup qui lui « sera bientôt porté. » Il répétera, deux mois avant la publication* : « Je ne connais rien, dans les sciences, « dont la découverte ait jamais produit un effet pareil « à celui que la lecture de mon ouvrag-e est capable de « produire. Je ne dis pas : qu'il soit compris; je dis « seulement : quil soit lu, et c'est fait de la vieille « société ; » enfin, quatre mois après "2 : « Il faut ab- « solument culbuter les propriétaires. » L'intention de l'auteur est exprimée clairement et son langage, quoiqu'il doive l'atténuer plus tard, n'a rien d'équivoque.

Cette œuvre contient une partie critique, importante et remarquable ; une partie dogmatique, brève et faible. Examinons-en d'abord la partie critique.

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