I. Deuxième mémoire, ib., p. la
n Comp. Contradictions économiques, ch. XI.
o. Comp. Premier mémoire, etc., pp. 246 et s.
humain? Sous quel prétexte enfin, si le principe est vrai, mettre en interdit telle ou telle catégorie du travail et décréter, par exemple, la stagnation de la richesse immobilière? Que je possède un champ, un troupeau, une usine, la société ne doit pas m'empôcher de produire plus que je ne peux consommer, de chercher et d'obtenir une plus-value, d'en user à mon g'ré, par conséquent d'en disposer. En m'enchaînant, c'est elle-même qu'elle enchaîne; en me mutilant, c'est elle-même qu'elle mutile. Proudhon m'eût répondu sans doute qu'il avait proscrit l'aliénation et non l'échang'e. Ainsi, pourvu qu'on s'en tienne au troc, il laisse au possesseur la faculté de transmettre: hors du troc, il la lui retire. Donc, entre ces deux modes d'appropriation que M. Courcelle- Seneuil a si bien opposés l'un à l'autre : appropriation par la liberté, appropriation par l'autorité, c'est au dernier que s'attache ce bruyant champion de la liberté. La volonté libre de deux parties, possédant chacune un droit incontesté sur une des choses échangées, ne suffit pas à l'accomplissement rég-ulier d'un échange. Nous aboutissons à cette conclusion puérile ! Pioudhon passera presque toute sa vie à méconnaître que l'intervention de la monnaie ne modifie pas la nature essentielle de l'opération et que les produits s'échang-ent encore, en définitive, contre les produits. Dans la vente, celui qui achète donne une somme d'arg-ent en échang-e d'un certain produit ou d'un certain service, mais elle lui vient de produits ou de services qu'il avait lui-même vendus ; de son côté, l'acheteur achète à son tour avec cetarg-ent des produits et des services. C'est une étrang-e fantaisie que de vouloir supprime)' cet instrument d'échaog'e et nous jug-eons inutile de disserter plus long-temps sur un pareil sujet.