‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 80 sur 169 · l'roudhon, Troisième mémoire, etc., p · texte numérisé non relu

l'roudhon, Troisième mémoire, etc., p

PROUDHON ET LA PROPRIÉTÉ loi

exemptions de contrôle à trois degrés d'acquisitions successives pendant quinze ans.

Proudhon va jusqu'à dire ' : « Au lieu de mobiliser « le sol, je voudrais qu'il fût possible d'immobiliser « même les fonctions de pure intelligence de sorte que « la société se rapprochât déplus en plus de la nature. » Que signifie cette dernière hyperbole ? Quelles barrières l'auteur s'est-il au juste proposé d'élever entre les savantSj les poètes, les artistes, les différentes catégories de penseurs et le reste du monde ? C'est ce que nous entrevoyons à peine. Il est, au contraire, aisé de comprendre cette autre partie du plan qui consiste à frapper d'inaliénabilité la possession agricole ou industrielle. Singulière façon « de faire cesser l'inhospitalité de la « nature, d'arracher l'homme à sa misère originelle, de (( convertir ses facultés inertes en facultés positives et fi agissantes ^ « ! En premier lieu, cette entrave mise au droit naturel d'aliéner et d'acquérir est une atteinte sacrilège à la liberté du travail, à cette liberté que Proudhon croit défendre, qu'il représente commela synthèse définitive de la communauté et de la propriété 3. De quel droit, après avoir limité la production, supprimer la circulation ? L'échange n'est-il pas une nécessité sociale de premier ordre ? Est-ce que l'homme peut s'appliquer à produire tout ce qui lui est directement nécessaire ?. Est-ce qu'il ne travaille pas pour échanger? Dès lors, est-ce qu'il ne travaille pas pour les autres, même en croyant ne travailler que pour lui? Est-ce qu'en arrêtant la circulation des richesses, on ne détruit pas l'harmonie des intérêts et la solidarité du ^genre

Page 1