II
« par la critique, je puis le rassurer en fin par la doctrine. « Et je n'ai point à me déjuger, à me rétracter (il « n'en démordra pas); j'étais dans la bonne voie : au- « jourd'hui j'ai touché le but »,
L'ouvrage annoncé ne parut pas. Cependant Proudhon, presque jusqu'à la fin de sa vie, espéra l'achever. Il se flattait encore, en février i863, de publier sur ce sujet deux volumes, qui auraient chacun de 3Go à 4oo pages. Il annonce au Belge Grandclément ^ qu'il a « trouvé la solution du problème >). «Je necrois pas, lui (( dit-il, avoir rien fait de plus extraordinaire que cela. « J'ai éprouvé de ce travail la même surprise que j'a- « vais ressentie autrefois, en i84o, de ma première cri- « tique, quand j'eus constaté le caractère antinomique « de la propriété et reconnu que son principe était jus- « tement celuique Jésus-Christ et l'Egliseontcondamné, (( le principe d'égoïsme et de concupiscence, ou plus « brutalement le principe du vol. La question était ainsi « de montrer comment la plus libérale de nos institu- « lions, partant la plus sociale, pouvait avoir sa racine « dans le péché même, et c'est ce que je crois avoir fait « de la manière la plus heui'euse en anéantissant du « même coup la théorie chrétienne du mal, le commu- (( nisme platonique et ecclésiastique, le féodalisme ger- « manique, polonais, moyen-âge et bancocrate, la mo- « narchie, le césarisme, le malthusianisme, les latifiin- « dia, etc. » Ce qu'il faut signaler avant tout, c'est un passage de la même lettre où le réformateur apprécie la grande réforme que le gouvernement impérial de Russie vient d'accomplir au profit des paysans; ce qui refroidit son enthousiasme et trouble sa confiance, c'est