‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 95 sur 169 · février i85o · texte numérisé non relu

février i85o

rault à quarante centimes le litre'. Qu'importe? C'est peut-être un moyen détourne de faire échec à l'Etat, car tous les g-ouvernements sont tombés non pas seulement parce qu'ils ont été rétroiii^rades, mais parce qu'ils étaient des g-ouvernements '^. Il donne, en conséquence, les instructions suivantes à la rédaction de son journal : il y aura désormais dans le Peuple une chronique gouvernementale; on y fera remarquer que tous les actes de haute tyrannie commis par le président et par l'assemblée « résultent invinciblement de la notion de Pou- « voir, Autorité, Gouvernement, Etat, sous quelque (( forme, monarchique ou démocratique qu'elle se pro- « duise 3 j) . Il définit enfin son rôle, dans une lettre du 7 mars i85i, avec toute la netteté possible : il est « le « théoricien de l'anarchie ».

Enfin parut le grand pamphlet sur ridée générale de la Révolution au XIX" siècle. Il y traita dog-matiquement, dans une des sept « études » qui le composent, (' cette grande question de l'autorité » sur laquelle il « était seul encore à affirmer la Révolution d'une ma- « nière catégorique* ». Dix ans plus tôt, il avait, pour la première fois, jeté dans le monde une nég-ation qui avait depuis obtenu un retentissement immense, la nég-ation du g-ouvernement et de la propriété. D'autres avant lui, par orig^inalité, humorisme, recherche du paradoxe, avaient nié ces deux principes; mais aucun, croyait il, n'avait fait de cette nég-ation le sujet d'une critique sérieuse et de bonne foi. Réclamant la priorité de cette conception philosophique, il tançait trois ou quatre

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