PAVILLON DE HANOVRE 32 ET 34, RUE LOLIS-LE-GRAND, 32 ET
RI
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ET
La suite des tableaux de la galerie de Médicis que nous possédons au Louvre constitue sinon la meilleure, du moins la plus importante des œuvres de Rubens. Cependant non seulement le public, mais la plupart des artistes eux-mêmes ne regardent ces tableaux qu'avec indifférence. Sans doute, leur valeur est très inégale. Dans quelques-uns d'entre eux les abus de l'allégorie se font par trop sentir et l'exécution de plusieurs autres dénote aussi la part, souvent assez grande, qu'y ont prise les collaborateurs du maître. Mais les défauts qu'il convient d'y reconnaître ne lui sont pas toujours imputables. II en est qui tiennent à la nature même des sujets qu'il a traités, sujets qui lui étaient parfois imposés et dans des conditions qui ajoutaient encore aux difficultés de sa tâche. L'histoire de cette commande, les divers séjours faits à Paris par l'artiste à ce propos, ses relations avec la cour, les circonstances dans lesquelles il peignit ces grandes toiles, et l'accueil qui leur était réservé, tout cela forme un chapitre curieux de la vie de Rubens. En étudiant de plus près l'ensemble de ce travail et en faisant entre les divers tableaux qui le composent les distinctions nécessaires, je voudrais essayer de montrer tout l'intérêt qu'il mérite et la place qu'il occupe dans son œuvre.
Rubens était dans toute la maturité de son talent quand Marie de Médicis songea à lui confier la décoration du palais qu'elle s'était fait construire à Paris. Sans parler de la célébrité de son nom déjà répandue dans toute l'Eu-
p. RUBENS ET LA GALERIE DE MEDIGIS
rope, Rubens n'était pas un étranger pour la reine de France. Celle-ci avait pu entendre parler de lui par sa sœur Eléonore, la femme du duc Vincent de Gonzague, au service duquel le peintre était resté pendant près de huit ans en Italie. Malgré leur séparation, les deux sœurs n'avaient pas cessé d'entretenir des relations très affectueuses. Elles échangeaient à chaque instant des lettres et de menus cadeaux de fleurs, de coiffures ou d'autres objets de toilette qu'elles s'amusaient à confectionner elles-mêmes. De son côté, Henri IV, qui trouvait le duc de Mantoue « beau joueur et beau diseur », se montrait pour lui plein d'affabilité. Peu de jours après la naissance de Louis XIII, faisant part de cet événement à son beau-frère, il l'assurait « de la bonne disposition de sa femme et de leur fils qui, disait-il, sera nourri à aimer les vôtres comme vous l'êtes du père », et dans la même lettre ', il priait Eléonore d'être la marraine du jeune dauphin, ajoutant qu'à sa venue en France « elle sera honorée et chérie comme elle le méz'ite ». Pour répondre à tant de bonne grâce, Vincent de Gonzague, qui avait déjà permis à sa troupe de comédiens italiens — alors très recherchée dans toutes les cours — de se rendre à Paris, pensa aussi un moment à y envoyer Rubens. Pendant que « son peintre » se trouvait en Espagne, il l'avait fait prier par son résident de repasser par la France afin d'ajouter à sa galerie de Beautés célèbres les images des plus jolies femmes de la cour, car il savait Henri IV très expert en ces matières. Mais Rubens avait habilement décliné la proposition et détourné vers son confrère Pourbus, mieux désigné à cet effet, une besogne qu'il jugeait indigne de lui.
C'est environ deux ans après l'assassinat d'Henri IV que Marie de Médicis, qui jusque-là avait habité le Louvre, conçut le projet d'avoir une résidence à elle et se décida à faire construire le palais du Luxembourg dans un quartier alors assez désert, mais où étaient déjà bâtis quelques beaux hôtels, notam-