LA GRAND’MÈRE
Ça ne te regarde pas. (Elle repousse Olivette, qui écoute;'bas, à Moulinet et à Girodeau.) Nous avons tant fait qu’il a fallu nous marier.
GIRODEAU
Vous avez fait là une belle chose.
la grAnd’mére.
Et sans cette belle chose, monsieur mon fils, où seriez-vous en ce moment ?
MOULINET
Mam’ Françoise, vous voyez bien qu’il faut établir les filles de bonne heure... c’est un trésor difficile à garder.
la grand’mère.
Compris... v’ià pourquoi vous voulez lui donner cet épouvantail-là... (Elle montre Girodeau.)
Air : Vaudeville de l’Anonyme.
11 doit avoir bientôt la soixantaine.
Et pour garder un trésor de seize ans,
En 1’ choisissant, je vous devin’ sans peine,
Vous vous êtes dit : Ça f ra fuir les galants.
Comm’ dans nos champs, craignant quelques surprises. Et de scs fruits, éloignaut les moigueaux,
Le jardinier plante dans ses cerises
Un gros mann’quin pour fair’ peur aux pierrots.
GIRODEAU
Un gros mannequin... maman, vous me manquez de respect...
LA GRAND’MÈRE, levant son bâton.
Hein?., polisson!..
GIRODEAU
Quant à Désiré, qu’il ose un peu revenir!... Je lui dirai