I.K fOr.K I)K PKI \ TL'KK A l'ADOU
sil y en a\ail une à ne pas suijprimt'r, cc'tail bien l'I'.colc Padouane qui est une des mieux caractérisées. lùi tout cas. il ne fallait pas la faire entrer dans ri'!cole Xi-nilienne. dont elle est fort différente. L"I'xole de Padoue est avant tout curieuse de la science pour elle-même, la poussant parfcjis jusqu'au i)t*dantisme ; il n"}' a donc rien de moins vénitien. Ce qui domine en elle, c'est l'énergie du geste et de l'expression exagérée jusqu'à la violence, la précision des contnurs et des formes jioussée jusqu'à la sécheresse. Rien de moins voluptueux et de moins tranquille. Ni les mœurs, ni la constitution politique, ni le jiaysage, ni le climat ne sont les mêmes qu'à Venise. Dans la région de Padoue le ciel est souvent pur et clair ; les formes v apparaissent nettement ; Ihorizon est suffisamment accidenté par les Monts Euganéens. C'est plutôt en somme la ligne que la tache colorée qui frappe le regard. Cette différence dans l'éducation de l'œil se manifeste d'une façon décisive par la supériorité des Padouans dans la fresque, tandis que les Vénitiens. Titien lui-même, s'y montrent en général inférieurs.
D ailleurs pourquoi Padoue aurait-elle été chercher des modèles ou des inspirations à Venise L'iicole de Padoue était déjà célèbre, lorsque ri'xole de Venise commençait à peine à se constituer Elle ]iarlait clairement, lorsque X'enise l)alhuliait encore. -Même au début du XV" siècle c'est Venise qui demandait à Padoue de lui en\oyer des peintres. Un fait surtout montre quel centre d'art important était Padoue ; c'est le nombre d'artistes originaires il'aulres villes qui sont venus se former chez elle, et cpii. par le st\ le de leurs o'uvres, se rattachent à son école et non à leur pays natal. E Ecole de Padoue ne s'est fondue dans 1 Ecole Vénitienne cju'au temps de sa décadence, de même que l'Ecole Ombrienne a été absorbée par l'Ecole Romaine. xMais l'École Ombrienne a eu néanmoins son individualité distincte de l'Ecole Romaine. Il en est de même pour Padoue et Venise.
En dépit du voisinage géographique, c'est de l'Ecole Florentine, bien plus que de la N'énitienne. que l'Ecole de Padoue se rapproche, et c'est de Florence que partit à deux reprises l'impulsion qui devait lui faire faire des pas décisifs.
Giotto. I/cnsevelissement du Christ iHgUsc de VArena).