LA PEINTURE A VÉRONE AU TEMPS DE LA RENAISSANCE
Le Padouan Alantegna. — Le Vicentin Bonvicino. •-- Influence romaine. — Influence vénitienne. — Libérale de Vérone. — Les .^lorone. — Les Carotto. — Girolamo dei Libri. — Cavazzola. — Les Bonifazzio. — Brusasorci. — La Cavalcade de Charles- Quint au palais Lisca.
Aucune ville italienne n'a eu un plus grand nombre de façades peintes, quoique son climat convînt moins à ce genre de décoration que le climat des pays plus secs et plus méridionaux de la péninsule.
Et il ne s'agit pas que d'un sujet isolé, comme un ex-voto. Le plus souvent, à partir de la Renaissance, la façade devient comme une sorte de support pour des scènes de toutes sortes : calmes ou mouvementées, profanes ou sacrées, monochromes ou polvchromes. On recherchait pour ces décorations en plein air les grands effets de coloris et, comme les plus grands artistes se chargeaient volontiers de ces travaux, plusieurs de ces
fresques pouvaient compter parmi les meilleures peintures du tenijjs. Ces décorateurs ne cherchent pas à faire illusion en nous montrant de fausses
Ar.tlie Maiitegna. rnpt\'Liuc de S. Zeiio, partie centrale ^Palaj.
architectures au milieu des([uelles des personnages semblent se mouvoir dans les galeries etles balcons ou s'accouder aux fenêtres'. C'est à lapein-
I. Coranif le lit Hcillirin à Bàlc. On Ta fait même en employant la sctilpture : figures en demi-relief regardant [lar de fatisse?. fenêtre? à l'Iiùtel de Jacques Cœtir à Bourges.
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ture seule et trancheincMil consiilérée comme telle qu'on demande l'effet décoratif et les représentations d'architecture n'y interviennent s'il y a lieu
.\ndfo Manlcgna. Tiiptyque de S. Zeno Maggiorc, parlie de diuilc. Saint Jcan-Baptistc. saint Grégoire, saint Laurent, saint Benoit.
que comme fond du sujet. JMalheureusement les mieux conservées de ces décorations sont fort dégradées. On regrettera surtout la perte de celles qu'exécuta 31anteg-na. On aurait eu occasion sans doute d'y rencontrer
VK RONF.
une liberté d'exécution jjIus orande que dans ses autres œuvres, du moins avant son établissement à Mantoue; mais à peine peut-on le conjecturer d'après le peu qui en reste '.
T,'influence de Mantegna à Vérone fut analogue à celle de iJonatello à Padoue. Il n'y passa cependant que fort peu de temps. lin 1457 Louis II de Gonzague lui avait fait des offres brillantes pour l'attirer à Mantoue. Mantegna. dont la liante situation s'affermissait de plus en plus dans son
Franc. Benaglio. Madone de l'éi^lUe S. Bernardiiio.
pays, hésitait à le quitter, malgré les promesses qu'il avait déjà faites. Il s'engagea formellement en 145g, mais en demandant au marquis de Gon-
I. Une imitation de statue équestre accompagnée de quelques fragments peu appréciables est tout ce que Crowe et Cavalcaselle reconnaissent comme étant vraiment de Mantegna (maison voisine de S. Fermo in Peschiera). On lui attribue aussi, mais probablement à tort, toute la décoration de la Casa Borella (Piazzetta Niccolo alla Stella d'Oro) dans laquelle on voit ou Ton devine des pilastres couleur d"or avec arabesques encadrant des scènes historiques avec fond d'architecture sur ciel bleu, puis une frise avec guirlande de fruits et enfants. Le dessus des fenêtres est orné de médaillons qui contiennent des demi-figures avec accompagnement d'enfants sur fond sombre (Burckhardt, tome II, p. 201^. Burckhardt indique ensuite 'un grand nombre d'autres