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zague de lui laisser le temps de terminer le triptyque qu'il avait commencé pour S. Zeno de Vérone. C'est un des cliefs-d'œuvre du maître. Le panneau ])rincipal comprend au milieu [la pnla) une Vierge sur son
Libeiale d.i \'oionc. Assomption Je s.iinte Madeleine. Sainte Catheiine. sainte Julienne
(Église S. Anastasia).
maisons peintes de Vérone, parmi lesquelles les deux petites maisons décorées par Carotto et la casa Mazzanti piazza dell'Erbe ; la maison n" 815, Via Feliciaï oii Aliprandi et autres, ont mélangé des sujets profanes et sacrés : La Chute de l'/ioDiiiie et une Madone lioiiorée piir saint Antoine à côté d'une Danse de bossus, d'une Noee de paysans et de la Vne d'un canal. Le palais Murari délia Corte prés du Ponte Nuovo contient sur ses deux faces une série de sujets mythologiques et historiques par Oom. Brusasorci ; Histoire de Psyché. Centaures et Lapithes. Noces du dieu aquatique Benacus (le lac de Garde), Triomphe de Paul-l:nii/e. Médaillons de Véronais célèbres. La pluiKirt de ces fresciues sont ou seront placées au Museo Civico.
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trône, entourée d'antres faisant de la musique. ¥.n peignant ces anges
Mantegna n'est pas tombé dans la faute qu'on a pu lui reprocher ailleurs ;
il a fait de véritables enfants et nom des diminutifs d'hommes. Les parties
latérales représentent des saints symétriquement disposés et, quoique
séparées de la partie centrale par des colonnes composites dorées, n'en constituent pas moins avec la partie centrale une composition unique. Au-dessous la prédelle est formée de trois compositions distinctes. Les originaux ne sont plus à Vérone. Le Calviiirc 'partie centrale) est au Louvre. Le Clirist niix Oliviers et la Résurrection sont au musée de Tou'-s'. \'érone en a seulement de bonnes copies. Le Calvaire montre que le pathétique prend place dans l'àme dure de Mantegna. Il 3' revêt comme on pouvait s'y attendre une forme violente et profonde. Dirai-je que, dans cette voie nouvelle pour lui, il montre
encore quelque inexpérience et force parfois l'expression jusqu'à la faire
paraître grimaçante.
L'enseignement donné par les œuvres de .^lantegna vient s'ajouter à
ce qui restait des souvenirs de Pisanello, qui a plus d'un apport avec le
I . Giovanni Bellini a visiblement imité son beau-frère dans son Cliiist aux Oliviers de la National Galler}-. Dans ce musée se trouve une répétition du même sujet par Mantegna lui-même, mais avec de nombreuses variantes.
Iranc. .Nlorone. M;idoiic ^Mu>é..'j
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maître padouan, pour empêcher quelque temps encore les peintres véronais de laisser dominer chez eux le style purement vénitien. L'influence de Vicence. et celle de l'école romaine se firent aussi sentir à Vérone.
Le plus illustre des peintres vicentins, Bartoloiueo Montagna (i 450-1 523) fut chargé en 1493 de travaux considérables à SS. Nazaro et Celso :
fresques très endommagées sur la ^'/l' de sainte B : a i s e ( S a n Biàgo) dans la chapelle de ce saint; deux beaux tableaux à volets dans le transept de droite :
saint J.-B. et saint Benoît; saint Na^^nre et saint Celse; sainte Julienne et saint Biaise ; une Pieta dans la sacristie L'influence de Montagna se fait sentir très nettement sur son contemporain véronais.
Francesco Bonsignori (MôS-'ô'y)- Avant qu'il connût Montagna, ses peintures sont plus claires, plus unies ; dans les suivantes il rappelle la puissance et la profondeur de ton, parfois brunâtre, du \'icentin.
La Madone que Bonsignori a peinte à S. Bernardino servirait de transition entre ses peintures plus anciennes de S. Eufemia et de S. Paolo in Campo Marzo. d'une part, et d'autre parties grands tableaux du Museo ' Civico et surtout le tableau de l'autel S. Biagio à SS. Nazaro et Celso, à côté justement des œuvres de celui qu'il imite. La prédelle de ce tableau est de dirolamo dei Libri.
Cependant, malgré les succès de B. Montagna, le vieux Mantegna n'est
Iciau. Moroin; M.idoiie. i-byliie S. M. in Organo).
pas oublié. Sa manière domine, surtout pour la disposition du sujet, dans les tableaux à trois compartiments {\^icrgcs cntoiirccs de Saints) de Girolamo Benaglio au .^luseo Civico, et de son cadet Francesco qui a beaucoup plus de talent. L'œuvre la plus importante de Francesco est la
Francesco Caroto. Madone de S. Fermo.
décoration à fresque de la chapelle Lovagnoli à S. Anastasia (la Pcchc viiractiJciisc, le Portement de cro/x, la Prédication du Clirist au bord du tac de Gcne:^ai'etti. ce lac étant remplacé ici par une vue très reconnaissable du lac de Garde).
L'influence de Mantegna s'aperçoit aussi dans les œuvres de Libérale de Vérone (1451-1515). Son grand tableau de S. Anastasia [Ste Madc-
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Iciiw, Stc Catherine et Stc Julienne], aux figures largement posées, d'un dessin énergique, d'une expression simple et décidée, ne laisseraient pas deviner que nous avons affaire à un artiste célèbre surtout par ses miniatures. Cela est vrai également du St Sébastien du Musée et même des tableaux de la chapelle de Tévêché, quoique les compositions soient
Francesco Caroto. La Résurrection de Lazare (Palais de rÉvéche).
plus chargées et les figures de plus petites dimensions. La délicatesse et la précision de la touche de Libérale montrent seulement qu'il a été très capable d'exécuter des miniatures. JMais le miniaturiste n'y a nui en rien au peintre de grands sujets. C'est ce que témoignent mieux encore ses fresques à S. Anastasia (3" autel de droite, surtout la Mise au tombeau). Santa-Anastasia comme Saint-Georges-in-Braïda est un véritable iMusée, on pourrait en dire autant de l'église S. Bernardino.
iJomenico .Morone (né en 144:;) y a peint la chapelle Saint-Antoine, œuvre considérable, mais dont l'importance est dépassée par ses peintures de 150.1 au réfectoire du couvent voisin d'où dépendait Téglise. A partie mur du fond où l'on voit une l 'icrgc aux anges, devant laquelle sont à genoux un homme et une femme, probablement les donateurs qui ont fait peindre la salle, cette vaste décoration est toute à la gloire de l'ordre (les Franciscains: elle présente la suite des personnages qui l'ont illustré presque jusqu'au moment même où l'artiste y travaillait. Ils sont au nombre de 60, y compris Sixte IV. Plusieurs sont des portraits et il est inutile d'insister sur l'importance historique de cette collection '.
La renommée de Domenico 31orone a souffert de celle de son fils Francesco 1474-1529 qui lui est supérieur. A la splendeur etaux habiles dispositions de la peinture décorative qu'il est loin de dédaigner 'fresques de la grande nef à S. 31. in Organo, etc.-'), il joint une intimité d'expression et une. douceur parfois exquises, grâce auxquelles sa Vierge à micorps du .Musée vaut ses compositions les plus importantes. Elle presse sur sa poitrine avec une mélancolie pleine de tristes pressentiments l'enfant Jésus qui la caresse ; type fort simple, un peu rustique même, malgré la finesse de la bouche et la délicatesse de la ph3-sionomie, bien pris sur nature, bien personnel avec une élévation de sentiment rare. Peu de Vierges de Raphaël font naître plus d'émotion et le st^^le n'est pas indigne du grand maître. F. Morone n'a rien dû vraisemblablement à l'auteur de /(/ Belle Jardinière ei c'est ])lutôt l'influence de Giovanni I^>ellini que dénoteraient ceux de ses tableaux du 3luseo Civico datant de 1498. Les artistes contemporains qui lui disputaient le premier rang à \'orone étaient Francesco Caroto, Girolamo dei Libri et Falcouetto.
Giovanni-.'Maria Falconetto '1458-1534) doit surtout sa réputation à son talent d'architecte, quoique ses fresques de la cathédrale (1503), et de la
I. Cette attribution à Domenico Morone n'est pas absolument certaine; mais nous ne croyons pas cependant qu'il faille y voir la main de Francisco Morone, son fils. On pourrait admettre seulement qu'il y travailla d'une façon accessoire.
2 Nous donnons ici la liste des œuvres que possédeVérone, de ce peintre qui n'attire pas l'attention autant qu'il le mérite. Son travail le plus considérable est la décoration de la grande nef de S. M. in Organo : Adam et Eve, le Déluge, le Sacrifiée d'Abra lui m , Joseph vendu par ses frères, à droite; à gauche, le Passage de la Mer Ronge, Moïse recevant les tables de la loi, David et Goliath, le Prophète Elie sur le char de feu. A S. Anastasia, le troisième autel de gauche contient son tableau de la Vierge sur un trône avec saint Augustin, saint Martin et des anges f.iisant de la musique. 11 a peint aussi des figures de saints et de moines à la frise et au plafond de la sacristie. .\u Museo Civico il a Lr Vierge et l'enfant, le lavement des pieds, le Christ eu Croix, le Christ dans les nuages, une fresque provenant d'une maison voisine du Ponte délie navî et représentant nue Vierge glorieuse, A Saint Bernardino, les volets de l'orgue. Dans la voûte de la petite chapelle de S M. délia Vittoria, voisine du Musée, les Quatre Evangèlistes.
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coupole de la chapelle Saint-l'.laise à SS. Nazaro et Celso (i493\ son tableau du .Musée la Sihvllc de Ciiines devant Auguste lui assurent un rang honorable parmi les peintres.
Les peintures rangées sous le nom de Caroto présentent des différences frappantes et Caroto a été appelé le Protée des peintres.
On admet aujourd'hui deux Caroto, deux frères, Giovanni et l'Vancesco, dont on aurait fait un seul personnage en réunissant leurs prénoms.
La question est donc fort compliquée. Dans les œuvres les plus anciennes des Caroto, l'exécution a un caractère archaïque, uniforme, plat, aux formes .simples et sèches; puis on y voit l'imitation des formes accentuées et détaillées, comme du ferme coloris de 3Iantegna.
si bien que l'on attribuait jusqu'ici au maître padouan une Vierge du .^lusée que Venturi a justement restituée à l'un des Caroto. D'autres tableaux les Trois a relui liges) montreraient que Caroto pensait surtout alors à Raphaël ' .
A cette date revenait à Vérone sa patrie un des
tjiro!,inio dci Libri. Madone de 1\
ilo.
I. Vérone possède de G. Caroto, des MaJoiies glorieuses au Baptistère, a .s. Paolo. au musée; de Fr. Caroto : à S. Fernio, Madone glorieuse. 1528; (le groupe de la vierge, Ste Anne, 1 enfant Jésus dans les nuages et entourés danges est exquis: au-dessous St J. -Baptiste, St Pierre, St Christophe, St Sébastien» ; à S. Eufemia, les belles fresques de la cliiipe/le Spolveriui :'-dS. Giorgio, Ste Ursule et ses compiignes, sa dernière œuvre (1545); à l'évèché la Résurrection de La\are, composition ingénieuse (étonnement à moitié endormi du ressuscité : au fond un paysage qui rappelle les environs de Vérone et le pont des Scaligersl ; au Musée, des fresques provenant de l'église de la via Fratta, (entre autres, une Véronique très franchement posée à la Michel- Ange), et le tableau des
meilleurs élèves de Raphaël, dirolamo dei Libri (1474-1556,, ainsi nommé à cause de son talent de miniaturiste et d'enlumineur. Ce surnom était déjà porté par son grand père Stefano et celui-ci l'avait transmis à ses descendants qui avaient continué à le mériter pour leur compte'.
On ne devinerait pas, à voir les grandes peintures de Girolamo qu'on
a affaire à un miniaturiste de profession .
.Mais, le sachant, on peut retrouver le goût lie la richesse, des couleurs brillantes et lies ornements d'or cher aux enlumineurs dans la Vierge glo- /■/cnse de S. Paolo di Campo Marzo; la douceur et la tranquillité de l'expression qui convient à ce genre se montrera d'une façon supérieure dans les trois A liges musiciens (de Saint-Georges), ilonton croit entendre la voix : l'intimité profonde du sentiment qu'arrivaient à manifester malgré leur gaucherie les œuvres
du moyen âge apparaît avec la même naïveté, mais en pleine possession de la science capable de la rendre complètement, dans la Vierge de l'église Saint-Georges qui caresse le menton de son cher fils, pour le faire sourire. Enfin ces éléments divers seront supérieurement réunis dans
Girolamo dei Libri. Naissance du Christ (Musée).
Trois nrilia liges : Raphaël donnant la main au jeune Tobie qui tient lui-même un poisson ; Michel qui s'appuie sur une longue épée ; Gabriel qui tient un 13-5 et regarde le ciel.
I. Stefano, né vers 1/120, eut pour fils Francesco, né vers 1454, pour petits-fils Calisto et Girolamo et pour arriùre-petit-fils, Francisco tous peintres.