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Alcxaiidic Tuicbi, dit l'Urhittu ou Alexandre Vcroiiosc L'Adoration des Bergers (S. 1-ermo.)
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n'ayant d'autre rival que l'iepolo '. Un Français très fécond, Louis Dorigny, que nous avons rencontré à Padoue et que nous pourrions retrouver à Venise, à Trente, à Vienne a exécuté de nombreuses peintures à Vérone dont il avait fait son séjour préféré et où il avait une haute situation. Louis Dorigny (1654-1742) était fils du peintre Michel Dorigny et par sa mère Angelica Vouet, petit fils du premier peintre du roi Louis X ITT -.
Mais en parlant de la peinture à Vérone, nous ne devons pas nous borner aux seuls artistes véronais de naissance ou d'adoption. Nous ne reviendrons pas sur André Mantegna ni sur Jjart. Moiitagna. L'école de Brescia fait à Vérone non moins bonne figure que les écoles de l'adoue et de Vicence. L'église Saint-Georges in Braïda (cinquième autel de gauche) possède un des chefs-d'œuvre de Bonvicino, dit le iMoretto (1498-1555): Sûintf Cécile et de sciintes feni/iies dans le haut la \'iergej 1540. Dans la même église Romanino son rival (1485-1566) a peint un Martyre (le saint Georges (i 540) intéressant à comparer à celui de Paul N'éronèse. A S. h\. in Organo est une des meilleures œuvres de Girolamo Savoldo (1508-15481, ta Vierge et quatre saints. Titien a peint pour la Cathédrale une Assomption différente de la célèbre toile de l'Académie de Venise, mais fort belle aussi. La Sainte Françoise Romaine de .S. M. in Organo est un des bons tableaux du Guerchin (if>39).
Au Musée nous signalerons d'abord, à cause deleur ancienneté, un certain nombre de figures sur fond d'or de Cimabue (1240-13021 ou de son école ; puis un Clirist en Croix de Jacopo Bellini ([400-1464) ; une composition très heureuse du Pérugin (1446-1524) : la Vierge debout adorant son fils que lui. présente un ange à genoux ; à droite un autre ange avec le petit saint Jean. ( )n peut aussi attribuer au Pérugin Y Adorât ion des mages, tableau à plusieurs personnages de petite dimension, qui rappelle une grande composition peinte par lui, pour la décoration de sa maison. Ce tableau anon3'me est l'un des plus précieux du Musée. Certaines figures feraient croire que le jeune Raphaël }• a mis la main.
1. Cignaroli peignit pour Vérone : à Saintc-Kuft mie, /<; Vierge. l'oifcDit Jésus et saint Guctan; à SS. Siro c Libéra : La Vierge et l'enfant Jésus avec saint Tlionias de Villeneuve faisant l'aumône ; à la catliédrale une Transfiguration. Ses chefsd'œuvre sont à Venise : la Mort de Racliel (au Musée et la part qu"il prit à la décoration du palais Labia. Outre Giambellino il }• eut sept membres de la famille Cignaroli qui s'adonnèrent aux arts, deux sculpteurs et c.nq peintres. Le dernier mourut en 1850.
2. On trou\ era la liste des œuvres que L. Dorigny fit pour Vérone et P.idoue. dans Zannandreiss [Vite, etc.) dans Selvatico et dans Dussieux : les Artistes français à l'èlraniyer.
MUSEO CIVICO
Deux de ces figures semblent être les portraits de; Raiihaël et de son maître.
Une Vierge de Raibolini dit il Francia '1450-1517) est signée Francia Aiirifabcr lioium. (iensis). Francia, d'abord orfèvre, n'avait pas abandonné son ancien métier. Jules Romain a, au rez-de-chaussée, des fresques mythologiques provenant de Mantoue. L'école de Parme est repré-
Pérusin (?i. L'Adoration.
sentée par une Vierge du Parmesan, Fr. Mazzola (1503-1540}, et une Adoration des ningesde Bart. Schidone (j 1615). Le Padovinano (1590-1650) a, non au musée, mais à la Gran Guardia Vecchia des Scènes mythologiques qui valent ses meilleures toiles dePadoue. La Charité du Bolonais Carlo Cignani (1628-1719) rappelle les souvenirs lointains de I-uini et d'André del Sarto. La tête de la jeune femme, plus encore celle de l'enfant qui se tourne vers le spectateur, sont vraiment délicieuses. Nous trouvons enfin une œuvre de valeur du plus grand peintre italien du xvin' siècle, J.-B. Tiepolo (1693-1770) : Quatre Saints olivélains. On
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regretterait de ne pas rencontrer à Vérone cet admirable décorateur, le seul dans lequel Paul Véronèse pourrait reconnaître un successeur digne de lui '.
Ainsi, malgré la décadence de la puissance vénitienne, les villes de terre ferme, comme les villes des lagunes, continuaient la pratique des arts, sous le despotisme de la Sérénissime République qui leur assurait d'autant plus la lran([uillité que son gouvernement se désintéressait de ])lus en plus de la politique occidentale.
Mais à la fin du XVIU' siècle la Révolution française bouleverse l'Europe. Le bruit des armes va s'entendre de nouveau autour des fortifications de San Micheli. Bientôt Bonaparte prendra son quartier général à Vérone et, dans les environs de la ville, rendra illustres les noms d'Arcole et de Rivoli. Il est d'un vif intérêt d'aller replacer par la pensée, sur le terrain même, les diverses péripéties de ces actions mémorables, comme on aime' à voir un tableau dont on connaît déjà la description. Les batailles d'Arcole et de Rivoli semljlent alors se développer sous nos \eux comme une œuvre d'art, tant le génie de la conception première y est uni à l'habileté de l'exécution. Ce souvenir ne pouvait être omis, en parlant de Vérone qui est fière sans doule de ses artistes, mais l'est aussi de son surnom de Vérone la militaire,
I. Nous avons signale plus haut la collection des médailles. Quoiciue on ne s'occupe ici que des œuvres se rattachant à l'art, nous nous reprocherions de ne pas signaler une des collections de fossiles les plus remarquables de l'Europe par la rareté des pièces, comme par leur exceptionnelle conservation. On 3' voit entre autres de grandes torpilles où l'on distingue nettement encore l'appareil électrique. Cette collection est une des plus anciennement formées, et les éléments en ont été, pour la plupart, recueillis dans le Mont Bolca. Ces fossiles sont déjà décrits et en partie reproduits dans la Vcroiia illiis- Iriilii de Maffei.
Altichieri. Madone de S. Anastasia (Vérone).