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roman voisin du gothique et la maison franchement gothique de la rue Dante.
Pour la Renaissance : la C(7S(7 al Ponte dclle Torricellc avec ses fenêtres dont la fantaisie décorative semble plutôt inspirée d'un peintre que d'un architecte, comme le remarque ingénieusement Sclvatico et se rapproche du gothique flambo3'ant (début du xvT s.), puis la Casa dcgli Spccchi ainsi nommée à cause des médaillons de sa façade ^rue S. Giovanni).
Pour le style classique : le Palais Giustiniani et le Palais Corinaldi, jadis Venezze. aujourd'hui Arenberg.
Celui-ci fut élevé pour le célèbre jurisconsulte Benavides mort en 1582. L'autre pour le patricien de Venise Luigi Cornaro qui en confia la construction à Falconetto, plus encore son ami que son protégé. Ce Luigi Cornaro est l'auteur de quatre discours Dell a Vit a Sot^ria. A la différence de bien des réformateurs, il avait fait à lui-même l'application de sa théorie, réduisant sa nourriture à douze onces d'aliments solides et à quatorze onces de vin par jour. Son exemple était la meilleure preuve qu'on pût donner en faveur de sa doctrine ; car il vécut jusqu'à près de cent ans (de 1467 à 1566;. Ktcej)endant son expérience personnelle était faite dans les plus mauvaises conditions. Car ce ne fut qu'après avoir gravement compromis sa santé par les désordres de sa jeunesse qu'il changea tout à coup de régime. Ce palais aujourd'hui abandonné commence à tomber en ruine. Mais le pittoresque ne perd encore rien à voir les plantes de son cortile empiéter sur la loggia qui le limite d'un côté et gagner sur les murs du casino que Luigi Cornaro destinait spécialement à des auditions musicales. On aime à se figurer ce fou devenu sage écoutant, tout en prenant sa frugale nourriture, les chants et les symphonies exécutées dans son élégant pavillon, au milieu des fieurs et des arbres où les oiseaux faisaient aussi entendre leur concert.
Le Palais Cavalli évoque des images bien différentes. 11 fut le théâtre d'une des tragédies domestiques les plus retentissantes de cette fin du XVI® siècle où ces tragédies cependant ne manquaient pas et où les grandes familles avaient bien souvent recours au talent des empoisonneurs de profession comme à l'épée des bravi.
Pour une question de succession, une vulgaire question d'argent, Ludovico Orsini, de l'illustre maison romaine, assassina la belle et vertueuse Vittoria Accoramboni, veuve de son parent Paolo-Giordano Orsini, duc
It; premier Romnno qui jouii un rolc hisUjric[U(.'. Né à Vicenci* vers 110 >, il mourut en 1180. Il était Guelfe et entra dans la lit^ue lombarde contre Frédéric Barberousse ; il avait pris part à la deuxième croisade. Il ressemblait peu, comme on voit, à son homonvme.
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de Bracciaiio. On retrouve dans ces événements les passions violentes et contradictoires qui plaisaient à Steiidahl et comme un exemple de choix de cette énergie qu'il aimait à glorifier, mais qui, reconnaissons-le, aurait pu être mieux employée. Ludovico Orsini a surpris le palais avec une troupe de bandits. Fendant que ses complices atiaqucnt le frèn^ de la
malheureuse et l'empêchent de lui porter secours, l.udovico, pour plus de sûreté, a saisi lui-même Vittoria, et, lui découvrant la poitrine, cherche posément avec la pointe de son poignard, au-dessous du sein gauche, la place exacte du cœur où doit porter le coup mortel. Vittoria ne veut pas compromettre sa dignité par une résistance inutile ; elle se met en prières et a la force, pendant que le poignard la frappe elle-même, de crier à son frère qu'elle entend se débattre contre ses bourreaux : « Mon frère, songe
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à Dieu ; pardonne à nos assassins ; » puis elle meurt en répétant : « Jésus, pardonnez. ••
Ce crime était si horrible que, quel que fût le crédit de la famille des Orsini, il ne put rester impuni. Comme Ludov. Orsini, entouré de ses complices, bravait les magistrats de la République, un membre du Conseil des Dix, Bragadino, se rendit en personne à l'adoue pour poursuivre l'afFaire.
Il dut faire attaquer le palais Barbarigo où l'assassin s'était retiré avec sa bande. Ce fut un siège en règle. Ayant vainement négocié et combattu. Ludovico Orsini, voyant qu'il lui était d'impossible <i'échapper, se rendit à discrétion. Il remit ses armes à Hragadino en lui disant : << Prenez-en bien soin : on n'en trouve pas de cette trempe. » Orsini était un amateur passionné de b:>H('s armes; il en avait formé une collection importante qu'il légua à la Ké])ublique de Venise. Le procès s'instruisit aussitôt et Orsini fut condainiié ù mort avec s<-s com])licfs. Ces hommes qui avaient défendu leur vie avec tant trailiarnemcnt se résignèrent à la perdre avec une facilité «jui étonne. -Malgré les crimes dont ils étaient chargés, ils