LES HABITATIONS PRIVÉES
moururent dans des sentiments chrétiens, reconnaissant hautement que si Dieu leur avait fait la grâce de mourir repentants, ils le devaient uniquement aux prières de leur victime qui avait intercédé pour eux dans le ciel'. Le Palais Cavalli est situé sur le « Piazzale Giotto » près de TArena et voisin du lieu dit les Porte Contarine, près d'un bras du Bacchiglione. Il fut remanié au xviiT siècle. On y ajouta un bel escalier avec des fresques du Bolonais Felice Ferrari et de (îiacomo Parolini. La grande salle fut décorée de statues et reçut des peintures du Français Louis Dorigny. Il y a dix ans il a été de nouveau transformé pour devenir l'Iîcole royale d'application des ingénieurs. Ouant au ])alais Harbarigo où se réfugia Orsini après son crime, il est difficile d'en établir la topographie par suite des nombreuses démolitions et de la radicale transformation des quartiers voisins de l'église démolie de Saint-Augustin, près de laquelle ce palais se trouvait'-.
Comme le Palais Cavalli, un grand noml)re d'hôtels privés de Padoue ont ou avaient leurs appartements ornés de peinture. La peinture débordait même à l'extérieur et les façades étaieni souvent couvertes de fresques qu'on n'hésitait pas à demande^- à des artistes en renom. C'est là une preuve remarquable de la passion que les Padouans avaient pour cet art. Car on pouvait bien prévoir qut^ ces peintures exposées en plein air ne tarderaient pas à être complètement dégradées. Ce qui en reste est en général trop effacé pour que les touristes s'y arrêtent, car il faudrait y demeurer trop longtemps, si l'on voulait, par l'œil et le raisonnement, arriver à reconstituer ces sujets ])res(iue effacés. vSignalons cependant près delà Loggia del Consiglio, à la Casa Danese. une frise d'enfants et de figures couchées de l'école du Titien, exécutée propablement par Domenico Campagnola, auquel on attribue aussi la décoration d'une façade près du Pont délie Torricelle ^ Ainsi la peinture est pratiquée avec tant d'ardeur à Padoue qu'on lui demande ce qui serait ailleurs le fait des sculpteurs. Contrairement à ce qui se voit dans la plupart des autres écoles, ses progrès devancent ceux de la sculpture.
1. Ces événements furent répandus en France par des ouvrages écrits en n(»trc langue. Adry a écrit une Histoire Je Vittoriii ACioriiniboni, 1807. Rnsset avait donné une place à ses malheurs dans ses Histoires tragiques (i'^ édit., 1621, 2'" édit., 1700), œuvre plutôt romanescjue qu'historiciue. On sera plus sûrement informé dans Touvrag^e italien de Domenico Gnoli : Vittoria Accoriiwboiii. Florence, Lemonnier, 1870.
2. Renseignements communiqués par M. Moschetti, le savant conservateur du musée et des archives de Padoue.
3. Pour l'architecture des Palazzi du nord de l'Italie, voir ci-dessous Vérone, ch. v.
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