‹ Padoue & VéroneChapitre 21 sur 73 · I.;i Chapi'lli- Siin (ii..rj;iii, r.;i Cli · texte numérisé non relu

I.;i Chapi'lli- Siin (ii..rj;iii, r.;i Cli

Le passage de Giotto avait porté ses fruits et dans le second tiers du XIV siècle le Padouan Guariente luttait de renommée avec les plus connus des peintres toscans. Venise le faisait venir '13C15' pour décorer

la grande salle du palais ducal où il peignait le Paradis et le Siège de Spolctc, Savonarole parle avec enthousiasme de ces peintures et montre le peuple vénitien s'y portant en foule, le jour de la fête de l'Assomption, seul jour où la salle fut ouverte au public, qui ne se lassait pas de les regarder. Ces oeuvres ont disparu lors de l'incendie de 1577 et de la restauration de la salle, (juariente n'a guère été plus heureux à Padoue pour les fresques de l'église S. Agostino ; car on ne s'inquiéta pas de les préserver ni même d'en fixer le souvenir par quelque copie lorsqu'on démolit l'édifice en 1819. Quant à ses travaux aux Eremitani dont il avait été chargé de .peindre la chapelle principale, les Scènes de la vie de S' Augustin ont été tellement restaurées qu'aussi bien il ne reste rien de l'œuvre primitive. Les allégories des planètes ont été moins défigurées et la composition d'ailleurs en est des plus curieuses. Il est fort singulier pour nous de trouver dans cette église cette glorification de l'astrologie et des divinités mythologiques, plus singulier encore d'y voir une Vénus accompagnée de deux personnages dont l'attitude et la physionomie ne laissent aucun doute sur les sentiments impudiques qui les animent. Au-dessus sont les signes du Taureau et de la Balance. La figure allégorique de chaque planète a ainsi à ses côtés quelque signe du zodiaque et deux figures d'homme et de femme faisant allusion aux influences que cette planète exerce sur le caractère et les mœurs. Une des plus remarquables est celle de Mars qui est représenté à cheval « avec une vivacité de mouvement qu'on rencontre rarement dans les œuvres d'art de cette époque ». Mercure, qui est considéré comme le dieu de la science, est bien difficile à reconnaître sous le costume d'un moine avec le capuchon. Pour Jupiter, c'est non un homme d'un âge mûr, mais un jeune homme en habits royaux, la tête ceinte d'une couronne et tenant le globe du monde dans sa main. A sa droite un homme lit un livre, à sa gauche une femme récite le chapelet. Cet anachronisme ne choquait alors personne.

Tout récemment, à l'occasion de restaurations que l'on faisait à la grande salle du palais ducal de Venise, on a eu l'idée de chercher, — derrière le Paradis que le Tintoret avait été chargé de peindre pour remplacer sur le même mur la peinture où G uariente avait représenté le même sujet. — s il ne se trouverait pas quelque chose de l'œuvre primitive. Ces recherches ont donné des résultats intéressants. Des parties importantes de l'ancienne décoration ont été découvertes et, lorsqu'on les aura nettoyées et groupées, on pourra juger enfin d'une façon moins problématique de la facture du célèbre peintre padouan du xiv* s. On ne connaissait guère de lui que quelques figures d'anges réunies dans une salle du musée

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de Padoue, figures qui semblent appartenir au sujet à.'\injtigi-infiit tlcrnUr (plusieurs tiennent une balance uu un tiiable enchaîné, et un Crucifix à la pinacothèque de Bassano. Un autre Crucifix fort endommagé au revers du mur d'entrée des Hremitani lui est attribué par Selvatico.

Dans le même temps vivait à Padoue .Miretto, un des auteurs des peinturesdu Salnne : mais (iuariente n'avait qii' qui prit le nom de Padovinano de la ville di)nt il avait fait sa patrie dadr>ption '. ( î iusto Padovinano a di'coré le baptistère avec Taide de Jean et d'Antoine de Padoue. (Test là un de ces grands ensembles de peinture qu'on trouve en Italie plus qu'ailleurs. On y voit représentées non seulement [es scènes de l'Ancien Testament et de l'i-'.vangile, mais les allégories de l'Apocalypse. On y trouve aussi plusieurs portraits des contemporains, Pétrarque sa femm'

Cette œuvre

,. , François Carrare l'ancien, et Fina Buzzacherina,

pour laquelle avaient été exécutées ces peintures.

?, si intéressante <iu'elle soit, ne vaut pas l'Arena, ni par .'expression et le style des figures, ni parla disposition des sujets. lille a

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conservé plus d'une trace d'un byzantinisme qui se manifeste d'une façon d'ailleurs heureuse dans la grande figure de saint Jean. Le progrès, ou si l'on veut la marche de l'art, se montrent dans l'abondance, trop entassée, des personnages et dans l'importance de certaines compositions. La coupole qui représente le ciel avec ses étages de figures concentriques peintes presque toutes avec le même soin et avec le souci de les individualiser était une entreprise colossale et la vieille peinture de Giusto mérite encore de l'estime, même lorsqu'on la compare au chef-d'œuvre de Gaudenzio Ferrari à la coupole de vSaronno \

Giusto Padovinano a passé pour l'auteur des fresques de la Chapelle Luca Belludi au Santo. Mais on les attribue aujourd'hui de préférence à Giovanni et Antonio di Padova. Elles ont été assez mal restaurées et ne présentent plus que peu d'intérêt.

Parmi les artistes qui collaborèrent avec Giusto Padovinano au baptistère, on a cité Altichieri da Zevio. Altichieri, quoique plus jeune que Giusto, n'avait pas avec lui une assez grande différence d'âge pour que la chose fût impossible. Mais les œuvres authentiques d'Altichieri nous paraissent bien supérieures à ce qu'on voit au baptistère.

Les peintures de la Chapelle Saint-Georges, près du Santo, qu'il exécuta avec son compatriote Jacopod'Avanzo, devraient être regardées comme occupant dans la peinture italienne une place plus importante que la première partie des fresques du Campo Santo de Pise, et marquant une époque dans son développement historique au même titre que la Chapelle des Brancacci à Florence. Kn tout cas, entre l'Arena de (îiotto et les peintures de Masaccio, il n'y a rien qu'on puisse leur préférer.

Cette œuvre suffirait à prouver et nous insistons sur ce point que dans la période qui suit la mort de (iiotto, ce n'est pas Florence, c'est Padoue qui tient le premier rang, ou du moins qui le lui dispute. Le progrès de l'art est ici nettement marqué. Il frappe tout d'abord par une harmonie de coloris et déjà une certaine entente du clair-obscur qui sembleraient empruntées à Venise, si les dates ne prouvaient que c'est au contraire Venise qui a pu les emprunter à Padoue.

L'art, à la suite du grand initiateur de l'Arena, a étendu aussi son domaine par l'aisance et la variété dans la composition, par l'habileté à grouper un nombre considérable de personnages, par la diversité et l'intensité des expressions, par la connaissance plus exacte et plus approfondie du corps humain. De plus, dans les Funérailles de sainte Lucie,

I. Saronno est à 20 kihmiètres au nord de Milan. Parmi les nombreux sujets du baptistère de Vérone nous siii^nalerons aussi les Cadiliers lic l' Apodilypsc.

SUfi.'ESSICUKS

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