‹ Padoue & VéroneChapitre 20 sur 73 · I.IOTTO : l.\ MADONNA DELL' A K K S A · texte numérisé non relu

I.IOTTO : l.\ MADONNA DELL' A K K S A

dehors même de l'influence générale qu'il avait sur son ami. lui a donné des indications et des con-eils sur ses peintures et contribué à la signififation ingénieu-e et profonde de ces fi^rures syml>olique-. L'influence de Dante >e montre dune façon plus directe dans la peinture de lenfer où certains épisodes semblent de^ illustration- de la Diiiiir ('onuJit- : par exemple, les damnés qui ont la tête enfoncée dans le -ol et dont les

jambes s'agitent dans l'air ■. Sani doute le ji^éme ne fut ar-hevé qu'en 1320, mais Dante l'avait entrepris en \iCj\. Rien d'étonnant donc qu'il ait fait connaître à 'jiotto soit en lui en communiquant le manuscrit, soit en causant avec lui les principales -cènes de son h'nf'tr par Icjuel il commence son <ruvre. Soit qu'il ait été troublé par ses préoccupationlittéraires, soit cju'il n'ait pas su se dégager des conceptions gro-siêres et puériles d'après lesquelles le vulgaire -e représentait l'enfer chrétien, il est certain que cette partie de la décoration de r.\rena est la moins remarquable même par l'exécution : celle où se sent le plu- la main des aides

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qu'il avait associés à son immense travail. Bien des parties en sont franchement déplaisantes. L'effet en est plus grotesque que terrible et fait penser à Callot plus qu'à Michel-Ange. Mais sur le même mur, Giotto prend bien sa revanche dans la représentation du Paradis, dans cette suite des bienheureux qui, les yeux fixés, les mains tendues vers le Christ avec une expression d'amour et de joie, forment sous la direction et la surveillance des anges une procession solennelle sans monotonie.

Ces mérites si divers, cette puissance d'expression inconnue jusquelà, cette élévation qui s'impose jointe à ce sentiment du détail de la vie expliquent que, de son vivant même, Giotto ait été également apprécié des artistes et de la foule. Les écrivains du moyen âge s'occupent peu des artistes et en tous cas les mettent bien au-dessous des littérateurs. Il n'en fut pas de même pour Giotto. Sans parler de Boccace et de Villani, Michel Savonarole dans son curieux LibcUus de ornanicniis régie civU tatls Padiic trouve une preuve de la dignité de la ville, dans ce fait que Giotto a voulu lui consacrer une bonne partie de sa vie et c'est ainsi, ajoute-t-il, que sa mémoire vivra dans les glorieuses figures qu'il y a laissées. Cette admiration pour Giotto n'a guère subi d'éclipsé. On fait plus d'ailleurs que de l'admirer: encore aujourd'hui l'art, comme nous l'avons dit, est son tributaire. Ses peintures de l'Arena surtout sont restées une source d'inspiration et d'études jusqu'à nos jours, à ce point que tels artistes du xix" siècle : Overbeck, Orsel, Ilippolyte Flandrin même pourraient être considérés comme ses disciples'.

On ne va guère voir à l'Arena que les œuvres de Giotto; il serait injuste cependant de ne pas signaler, derrière l'autel, le tombeau du fondateur de la chapelle Enrico Scrovegno. Ce tombeau est attribué à Giovanni Pisano. Mais Burckhardt pense que cette attribution est fausse. D'abord Enrico Scrovegno est mort en 1321, c'est-à-dire un an après (riovanni Pisano. Cela ne serait pas une raison, puisque bien des gens ont fait construire leur tombeau de leur vivant. Mais l'œuvre de style gothique <( d'un naturalisme très soigné )^, indique une époque postérieure. La statue debout qui est près de là et représente Scrovegno en pleine jeunesse est bien dans le style de G. Pisano ainsi que la statue de la vierge placée au-dessus du tombeau sans qu'elle fut destinée à en faire partie.

I. Cennino Cennini dans son Trattato Jclla Pilturd écrit plus de cent ans après la mort de Giotto restait un ^iottesque intransigeant. 11 disait que Giotto, fit passer l'art de peindre du i::rec au latin et le ramena du latin au moderne.

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