‹ Padoue & VéroneChapitre 28 sur 73 · I.A SCULPTUKl-: A PADOCIC ;i · texte numérisé non relu

I.A SCULPTUKl-: A PADOCIC ;i

le haut-relief. Quoi qu'il en soit, ces divergence-s sont frappantes.

Ici la composition est restreinte à un petit nombre de personnages nécessaires. La foule n'y apparaît point. On ne lutte pas avec la peinture. I,e sculpteur ne veut être que sculpteur. L'aspect est équilibré et tranquille. Les formes plus simples, les draperies majestueuses et larges, s'inspirent parfois jusqu'à la copie, des statues antiques qu'on recherche avec une passion qu'entretiennent de nombreuses décijuvertes. L'oubli de Donatelln se manifeste d'.'jà pleinement dans le premier eu date de ces bas-reliefs : Le Sîirnilc de ii-nf'anl. par Antonio Lombardo (1505.. La com])(>sition est vraiment belle, harmonieuse et claire. Sans être passionnée, elle est louchante et vivante. Mais rien n'y rappelle la fougue et l'énergie de l'auteur du Gattiimelata. La ligure tie la mère semble imitée de Vd /iiiion LtulovisiAa femme de droite de la l'iidiciliii du Vatican. Des bas-reliefs postérieurs présenteront des figures plus dramatiques où l'on retrouvera, par exemple, dans l'importance donnée à la bouche pour l'expression de la douleur, le souvenir du Laocoon dont la découverte récente {1506) avait produit une émotion e.xtruordinaire. Dans le bas-relief du Dentone. on retrouve la femme gauloise tué<^ par son époux de la villa Ludovisi. .ailleurs, telle hgure rappellera l'Apollon du Belvédère. iSansovino pense à Raphaël dans le groupe central de la Résurrection d'une fciitinc itoyi'f. Plus tard .

l'influence du ïintoret sera visible dans le CjnJéhbrcdc bronie. auSanio. dernier en date des bas-reliefs, Suint Antoinr

ressuscitant un mort où l'on retrouvera le souvenir direct du Miracle de saint Marc aussi bien à gauche dans la figure assise du juge qu'à droite dans la femme donnant la main à un petit enfant. Là même, à côté du Tintoret si peu classique, l'antiquité gréco-romane n'est pas oubliée et le visage du ressuscité fait penser à V Alexandre mourant.

Mais ces influences diverses n'empêchent pas la série de ces neuf bas-

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reliefs <ii- iircscnu-r une ^rrainlc niiiti-. I.i- niorilP tliiit i-tre d'iuitant plus à signalfri|uc. mminrucV-i'n 15011, le triivail ne fut ai^licvé qu'en is;;- Celle unilé ^'e^pli([ue ]i;ir le fii>ùt intelli^ï<'nt et êcliiiré des artistes <|ui se sont siiccéile ilaii- leur exiTiitioii cl ans--! par ce fait qu'ils étaient plus nu moins le-. (lisriple- le^ un-i îles autres et muservaieiil un Miuvenîr respectueux lie leur-, iiiaiire-. .^\ai- lela lient surlciul à ta pré(i>i(>n <hi pnigramme et à la l'erineié emnme à la cnmp^lenre de la e()nunis-ion déléguée pniir déei.|.-r de l'a. ■.>■[. lali.in dr-s travaux. Klle nelait pa- tendre.

cetle eoniiiiiî.sion. pour le- artistes qui lui paraissaient insufHsants ou négligents. On le vit n'itamment lorvi]ue Aiiltmii) .Minelli soumit à son jugement le bas-relief (|uil venait d'achever sur VHntri-r t/f suint Antoine Jiins iordrr dis Franiisi\iins. Ce bas-relief est li- plus faible de la série. On peui lui reiirorher une composition sans cnhésion et sans caractère <>ii snnl juxtaposées des eopies fragmenlaires d'.\nlonio ],ombardo. I.e.s délégués ne s'y tnimpéreiu pas. Us offrirent à l'artiste une soixantaine de ducats jjour une œuvre fori maladroite, suti.i inffifr ixinlptatu on ne ménageait pas les termes : ajoutant, que. s'il ne s'en contentait pa.s. il devait restituer un liliie de marbre semblable à eelui qui lui avait été confié ainsi que les sommes (]ui lui avaient été avancées. I:n ce cas il pourrait, bien entendu, reprendre si.n n-uvre pour en faire ce que bon lui semblerait.

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Pour comprendre tout l'intérêt de ces sculptures il est nécessaire de les étudier non dans l'ordre où elles sont ])lacées diins le sanctuaire, mais dans l'ordre chronologique de leur exécution. Xous les citons ici dans cet ordre, en ajoutant aux réflexions ijui précèdent quelques remarques qui n'ont pu trouver place plus haut :

1°. Antonio I.omhurdo, Mirof/i' dr l'nifnul nouveaii-né qui nomme son père. C'est une des rares (ciivres qu'.Anlonio l.onibardo ait signée. Commandée en 1500 elle fui arlievci' en i^oï. l\lle est 'l'un sentiment

vraiment grec, l.a femme de droite, tort Ijelle figure dra])ée tenant un enfant par la main, a été probablement ajoutée après coup pour remplir un vide. Nécessaire à l'équilibre sculptural de la compo.sition, elle ne se rattache en rien au sujet ;

2". Antonio Minelli ou Minello deï Bardi, Entrée de saint Antoine dans l' ordre des Franciscains (1512). On en a déjà parlé ;

i" et 4". Tullio Lombardo ne livra qu'en 1 5 i 5 /c Miracle de la Jambe et le Miracle de l'Avare dont il avait reçu la commande en 1500 et 1501. Le miracle de la Jambe a sans doute été exécuté le premier. On y trouve la trace de l'influence du Laocoon ;

5". Entre temps Giovanni da Padova, dit-il Dentone, terminait en 1520 la Femme maltraitée par son mari. J-a partie de droite est mouvementée et dramatique. A gauche un groupe de trois femmes représente un autre sujet : le résultat du miracle du saint, la femme guérie de ses

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blessures et acrom(ia(fnêe de sa mt-re Ce groupe n'e-.t lié à l'autre scène que par la ronvenance arlisliquc des lijfnes. 11 n'est pas rare el cela jusqu'aux approches du XVII' siècle de voir re|)roduits dans un même cadre les épisodes différents d'une même histoire, non dans <Ies compariimenls distincts, mais dans l'harmonie d'une composition esthétiquement une'. Ici le groupe des trois femmes est du n autre style et d une autre exécution. .M. de .Mandaeh l'attrihuc avec une grande vraisemblance à Sansovino,

(r. /,(■ Minu II- i/ii Vt-rri' est dû à la collaboration de (iiovanni Maria da I'a<|.>va. dit .M<.-.r;i. et d.- l'a..!., Siell;i. i ^^n-i =,.'.,. 1! semble, dit .Man-

■ Stella. Hn tout cas le point ' est indiqué par la longueur

dach, que les deux figures de gauche si de raccordement des deux ])arties de l'i exagérée du bras gauclie du jeune homme.

7". L'histoire du b.is-relief représentant la Risiiriiition ilr l'infatll iiovt- est assez compliquée Commandé au sculpteur J.-li. dei Mrioni de Venise en 150.', il n'était pas même commencé en 1520 Les Paduuans IH-rdirent patience et s'adressèrent û Antonio JSlinelli. -Mais celui-ci, troublé sans doute par le souvenir de ce qui lui était arrivé ])réccdemment, n'avançait guère. J.-H. Sansovino. appelé à le remplacer, traina aussi l'ouvrage en longueur, ne le termina (ju'en i,s.i4 el refusa de le signer.

.S . Sansovino parait au contraire avi)ir été très fier de la Résurrcition

ipl.l/.;,

r,l/■^J^■ Paul Vt-r.

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l Ai- \'cni

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cVune femme noyée, qu'il signe bien ostensiblement au centre de la composition, au-dessous du corps de la morte : Jacobiis Sansovinus sciilp. et architec. Florent. F. Il s'en occupa vingt-sept ans (1536- 1563). La scène est un peu froide, mais elle mérite Tadmiration par l'heureuse disposition du sujet, la science du groupement, et l'habileté dans la mise en perspective (groupe des cinq femmes au centre).

Le 9*" bas-relief, Saint Antoine ressuscitant un mort, fut commencé par Danese Cattaneo et continué avec un soin])ieux par son élève Girolamo Campagna (i 554-1 577). Le profil au fond à droite, ressemblant à un médaillon, serait le portrait de Cattaneo par Camjjagna'.

Des candélabres d'argent massif fondus en 1673 et 1683 sont portés par deux anges en marbre de Carrare. Celui de gauche a été sculpté par Filippo Parodi (1699); celui de droite par Orazio Marinali (17 12).

Le Génois Filippo Parodi a eu la princi])ale part dans la chapelle du trésor, dont il donna le plan en 1OS9. Avec lui y travaillèrent (1600-1692) les sculpteurs ornemanistes vénitiens (iiovanni et (îriaziozo (îrassi et le stucateur de Lugano, Pietro Roncajolo. Plus tard 1 1716 nous trouverions Adolfe Gab d'Augusta 17 16, Andréa Barci (1744 et Angelo Scarabello. Ces dernières œuvres sont de style baroque ainsi cjue le luxueux monument, par Giusto Lecourt, de Caterino Cornaro y 1674', Dalmatiœ de in Cretœ ciun snmnia potestate légat us. Il ne vaut pas le tombeau de Contarini (1553) par Alexandre Vittoria, quoiqu'on y voie poindre les mêmes défauts. Le tombeau contemporain de l'illustre cardinal Pierre Bembo est au contraire un modèle d'élégante simplicité et fait honneur à l'architecte San Micheli comme au sculpteur Cataneo.

En dehors du Santo nous aurions peu de chose à signaler en sculpture depuis le temps de Donatello. Aux Eremitani rappelons l'autel en terre cuite de la chapelle Saint-Jacques, ou Giovanni da Pisa se montre un excellent élève de Donatello, les deux autels de pierre peinte (avec figures de terre cuite) de Giovanni Minello dei Bardi et le tombeau que le jurisconsulte Benavides se fit élever de son vivant par le Florentin Bartolomeo Ammanati (1546}. Cette austère prévision de son dernier jour ne hâta pas sa mort, car il ne mourut que trente-six ans plus tard en 1582. Ammanati (151 1-1597) est l'auteur des statues de Jupiter et d'Apollon au palais Corinaldi. A Sainte-Justine nous trouvons une Pieta fastueuse de Filippo Parodi (fin du xvil'' siècle). Mais malgré le talent qu'on trouve encore dans cette œuvre, qu'on est loin de Donatello î

I. Sur l'absence du Miriulc de la Mule, voir ci-dessus p. 68, note i.

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