I. Histoire de la Peinture italienne, p. 2qo-2g
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aime tant ' et iloiim- aux acteurs de Non drame les cnslumes d»; ses contemporains. Cet anachronisme n'était pas nécessaire, mais il faut reconnaître que leur allure est plus libre, plus aisée, que la couleur est plus brillante, plus harmonieuse, ijuc la Uiniiére se répand plu» larj,re et ]>lus éclatante sur les costumes aux cnuleurs variées, sur le-^ marbres sculptés, sur les colonnes, comme sur les feuilbii^rs. les fleurs ei les tVuils. ('■fsi en effet
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un des traits les plus imprévus chez cet exact et ])uissunt ciseleur de la forme humaine que ce ffoût pour les magnifiques guirlandes, pour les berceaux de verdure, el les treilles s'accrochant aux édifices. 11 les traite
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avec un soin passionné, en leur donnant une majesté décorative dont plus d'un artiste s'est depuis souvenu. C'est là que, malgré ce que sa manière conserve de sécheresse, se développe le sentiment de Texubérance de la vie par l'accumulation (toujours ordonnée d'ailleurs) du détail.
Malheureusement ces peintures sur saint Christophe ont beaucoup souffert. La chose est doublement regrettable pour le Martyre du Saint où Mantegna avait introduit un certain nombre de portraits. On y distingue assez nettement encore le Squarcione placé parmi les bourreaux, la tète casquée et rejetée en arrière avec une physionomie dure et renfrognée. Est-ce une vengeance? On pourrait le croire... Pendant que Mantegna peignait aux Eremitani, il était en procès avec le Squarcione. Il avait osé s'adresser aux tribunaux pour faire rompre le contrat par lequel, tout jeune, il s'était lié à son maître. Il est vraisemblable que Squarcione avait abusé de son autorité et exploité outre mesure l'inexpérience du jeune Mantegna. Car les arbitres désignés par la Cour des Quarante à Venise, devant laquelle Mantegna s'était présenté le 2 janvier 1455, donnèrent gain de cause à l'élève contre le maître, considérant que ^lantegna était encore mineur et sous la puissance paternelle lorsqu'il s'était engagé par ce contrat dans lequel il avait été trompé [dcccptiis] par l'autre partie. Cependant, cette supposition d'une vengeance de Mantegna perd de sa probabilité, si on remarque qu'à côté du Squarcione, Mantegna avait placé dans cette scône son propre portrait, ainsi que ceux de Palla Strozzi, Girolamo délia Valle, Niccolo, l'orfèvre du pape Innocent VIII, Baldassare da Lecca, et d'autres. Ils sont aujourd'hui peu visibles. On retrouve, en quelque manière, une partie de ce que le salpêtre a détruit aux Eremitani dans un triptyque reproduisant avec des modifications trois sujets de cette célèbre décoration. Ce triptyque qui, au dire de l'Anonyme de Morelli se trouvait en 1543 dans la maison de Michel Contarini à Venise, est aujourd'hui dans la collection Edouard André.
Les peintures des Eremitani consacrèrent la renommée de Mantegna. Jacopo Bellini lui donne sa fille Nicolosia (1454) et le voilà le beaufrère des deux plus grands peintres de Venise, (liovanni et Gentile Bellini qui représentaient des tendances d'art tout à fait différentes de la sienne. Mantegna saura leur faire des emprunts, mais sans se laisser asservir. C'est lui au contraire qui fait dominer son autorité partout où il passe. Il règne comme le feront à leur tour Charles Lebrun et Louis David. Squarcione avait donné l'exemple. Le style du maître et de Télève s'impose aux diverses industries artistiques de Padoue comme aux peintres et aux sculpteurs. On le voit nettement pour les faïences.
LA PKINTURE A PADOUE. SKC^ONDE I^POQUE
II y avait des faïenciers remarquables à Padoue dès le xv° siècle. Mais ils comprirent qu'ils ne pourraient pas lutter pour la céramique d'art contre la vogue d'Urbino, Castel Durante, etc., et ne firent plus guère que de la faïence usuelle. Si quelques pièces plus importantes sortaient de leurs ateliers, elles furent attribuées, consciemment ou non à quelque faïencerie plus célèbre, ce qui en augmentait la valeur. Les céramistes de Padoue avaient cependant du mérite, si on en juge par les rares échantillons authentiques qu'on a pu recueillir.
Au .Musée de l'adoue se voit une ]>ièce unique en son genre représentant une Vierge entre deux saints d'après X.
Pizzolo. Le procédé employé est celui df Tengobe gravé. C'était probablement Tcnseigni' d'un faïencier; elle a été trouvée justement dan-; la rue Boccaliere où ,sc réunissaient, comme son nom l'indique, les artisans de ce genre. l'ille avait été recouverte dédaigneusement par un
pilastre de boi^. C'est c^' l'.uunc,; a^- r.ij.>Ln.- .MLi-i-'f
qui l'a sauvée'. Padoue
à partir du xv' s. s'adonna beaucoup à la gr; graveurs étendirent même leur activité au delà des bornes que la loyauté leur marquait. Au xvii' siècle ils étaient réputés pour les plus habiles et les plus occupés des faussaires, à ce point que les mots Padouan ou Padoiianc en arrivèrent à signifier couramment une médaille fausse. Les Padouans n'ont pas eu le monopole de cette industrie ; mais il faut avouer qu'on n'a pas dépassé en ce genre le talent de Cavino et de Bassiano, Lorsqu'on se mêle de quelque chose, il faut le bien faire.
1. On cunnait un p];it do l'adoui; ;iu ISritish Miism. Un autre plat du mùmc pr')Vi.'n;ini;c mais plus modcrr est au Louvre ^n" 5981. Le -\Iusce di- Padime cimtie nique écrunt;i,-rc, entr.: autres une plaqua; portant ur croissant musiilmaii, los fleurs de lys de France et l'aigle
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