I.KS SUCCRbSKUKS DK MANTKGNA
qui demande avant tout le grand style, il en montre moins que dans ses tableaux où la séduction du pinceau a davantage sa part et peut faire tout oublier. La tentative d'Assussiimt li'ttii muri jaloux est une scène d'un réalisme saisissant sans doute; maïs elle est vraiment vulgaire. Le mari
n'est qu'un assassin et la victime est quelconque'. La même critique s'appliquerait moins au Miracle de la Jambe . et quant à \' Enfant dts-
I. L'attitude de la femme qui, li;s vêtements en désordre, cherctie à parer le coup qui lui est porté a été plus d'une fois reproduite et n"us étonneriims sans doute M. Jean Veber en lui disant qu'il l'a retri>uvée dans un de ses tableaux du dernier salon qui n'a certes aucune prétention à la pi-inture relii^'ieusc ou décorative.
90 PADOUK
ctdpant sa mère c'est une des meilleures compositions du maître et elle réunit un sentiment ému à la belle et riche ordonnance où il excelle. On y voit un des types les plus achevés de ses belles patriciennes de la place Saint-.Marc. Le Padouan Domenico Campagnola (1484- 1564}, tient bien sa place à côté de lui par le Miracle de la Mule et par la Mort du Saint j peinture qu'on a attribuée aussi au Vénitien Conlarini. Filippo da Verona [Entrevue de saint Antoine avec E^^elin, Apparition du saint a Luca Belludi] a conservé quelque chose de la complication et de la sécheresse des peintres antérieurs sans la sincérité de leur sentiment. En somme, ces peintures passent agréablement sous le regard, mais ne laissent pas de profond souvenir.
Cela est vrai aussi des peintures de la Scuola dei Carmini. Titien y est [représenté par la Rencontre de saint Joachim et de sainte Anne exécutée en 151 1. la même année où il travaillait à la Scuola del Santo. Nous y retrouvons aussi D. Campagnola [Xativité, Adoration des Mages), Des tableaux d'un caractère plus ancien et qui témoignent encore de l'influence de Mantegna sont attribués à Girolamo del Santo ou de Padoue. Selvatico (p. 114-115 veut les restituer (et ces raisons sont fort plausibles) à (Tiulio Campagnola dit aussi Giulio Padovinano, père de Domenico Campagnola. Attribution fort intéressante ; car on ne connaît aucune œuvre de Giulio Campagnola, qui était mort jeune, en jouissant déjà d'une grande réputation dans son pays. On peut se faire une idée plus sûre du grand talent de (îir. del Santo, par les fresques de San Francesco et par la Descente de Croix du .^lusée.
L'église dei Carmini d où dépend la Scuola contient des volets d'orgues peints (1584) par Dario Varotari et un des tableaux les plus estimés d'Alexandre Varotari son fils (i 590-1 650) dont le surnom de Padovinano montre que Padoue avait retrouvé, grâce à lui, quelque chose de sa gloire artistique. Al. Varotari fut un des meilleurs peintres de son temps. 11 s'inspire à la fois des Vénitiens et des Carraches. Sans grand style et trop souvent vulgaire, mais soucieux de la composition, doué d'un pinceau solide et adroit qui sait rendre de façon remarquable, la fermeté, la souplesse et l'élasticité des chairs, il se plaît à reproduire la beauté féminine dans le complet épanouissement de la vie, dans la plénitude de ses formes. Son coloris visant à la puissance s'efforce parfois de rivaliser avec Paul Véronèse. Il avait pu l'étudier complètement sans sortir de Padoue. Car jamais Véronèse n'a uni plus de magnificence à plus de science, plus de puissance à plus d'harmonie, plus de liberté à plus de correction que dans son Martyre de sainte Justine au maître-autel de l'église de
T,KS SL'CCKSSKUKS DK MANTE(;NA gi
ce nom'. A la fin du XVII' siècle, Padoue a encore un décorateur brillant dans Liberi ,1605-1687) qui a, à l'église Sainte-Justine, Y Extase de sainte GiTlnidc. Dans la même église nous signalerons, le tableau central de la chapelle de Saint-Henoît par Palma le jeune, la Mission des apôtres de Carlo Hissonîo, les Anges retirant de la mer les eorps de saint Cosme et de saint Damien, une des plus importantes compositions de Jtalestra, \esFnni'riiil/es de sainte Scoîastiqiie. une des toiles les mieux composées et les plus étudiées de ^improvi^a[eur l.uca (iiordan<). Toutes ces œuvres, beaucoup trop vantées en leur temps, sont aujourd'hui trop oubliées. Tiepolo a des fres(iues au Santo. .Muis sa meilleure œuvre à Padoue est le ,S",;/;;/ Patrice du .Wnsi'i) <ivii-.>.
CHAPIÏKE XIII
LE MUSliO CIVICO DE PADOUIZ
Ce Musée a été récemment placé dans un ancien couvent transformé pour cette nouvelle destination par C. Boïto. On y accède par un escalier de marbre aux belles lignes, mais un peu trop surchargé et d'un luxe disproportionné avec les salles auxciuelles il conduit.
L'aménagement du Musée de Padoue fait le plus grand honneur à M. Aloschetti qui a publié sur les collections qu'il dirige un magnifique ouvrage. Signalons un certain nombre d'œuvres, soit pour leur valeur exceptionnelle, soit pour leur curiosité, soit pour leur rareté. El d'abord ce polyptyque de Squarcione dont on a parlé plus haut, œuvre rare entre toutes. A côté se trouve une peinture qui par la date et quelques traits