‹ Padoue & VéroneChapitre 34 sur 73 · I.E MUSKO ClVrCO ))!■ PAHOUE · texte numérisé non relu

I.E MUSKO ClVrCO ))!■ PAHOUE

de la facture doit bien être rattachée aux enseignements du Squarcione, mais qui est une exception dans son école. C'est un fragment de fresque représentant la Vierge et lenfunt Jésus in" 403;. La Vierge a un type tout à fait original, surtout en Italie, et qui, au premier aspect, aurait

quelque chose de byzantin, figure gracile, un peu sèche même, au nez mince et un peu busqué, aux yeux légèrement relevés, avec une expression sérieuse et tendre dans un visage qui dénote aussi la finesse et l'esprit. r^e geste de l'enfant qui caresse familièrement sa mère est d'un caractère touchant que Squarcione n'a certainement jamais connu et qu'on retrouverait difficilement dans Mantegna.

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Nous ne reviendrons pas sur la salle qui réunit ce qu'on a pu sauver des œuvres de tîuarienlo. Parmi les peintures archaïques, nous signalerons le Papf sur son trône, de Francesco dei I-ranceschi (n" 397) avec des ornemeiils d'or en relief sur le costume pontifical. I.e commandeur l-'erd. Cavalli a donné

au Musée une Vierge avec un donateur, une des meilleures œuvres d'Andréa Previtali qui l'a signée : Am/rrûs Bgnicnsîs \\\ était de Bergame) ; Joannis bi'llini discipiiliis (isoai ; elle égale la Vierge de Mansueti placée dans une salle voisine. Au même temps appartient un grand Calvaire de Stefano dell' Arzere et une Disti-ii/r dr croix de tiirolamo del Santo 1486-1550I, grand cadre de f<irme ogivale où la composition principale est surmontée de la figure de Dieu le père, et entourée de tigures en pied (saint Benoît à gauche, sainte Justine à droite) reliées par une série de médaillons de jirophétes et de saints faisant le tour de l'encadrement.

Le t'rémonais lloccaccio Hoccacino ([460?- i5iuS; conserve dans sa Vierge accoiiipagitèe de saints un caractère assez archaïque; c'est un Pérugin plus doux, et d'un accent plus pénétrant. La tête de sainte Agathe est d'une mélancolie exquise et fait une iieiiie moue vraiment délicieuse.

Marco Pal mezza no de Porli (1456-15.^7), école toscane, a une Sainte famille et une Madone, qui ne vaut pas celle du Vénitien Marco Basaïti peinte vers 1510 et un de ses meilleurs tableaux.

Titien a deux portraits : un guerrier et un magistrat, tous deux à barbe blanche, d'un aspect peu commode, types caractérisés de cette aristocratie énergique et froide Ajui se laissa peu troubler par les questions de

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sentiment. Parmi les contemporains du Titien, nous trouvons Francesco Morone (une Vierge dans une forêt) et Antonio Badile, le maître de Paul Wéronè&e (^Vierge et plusieurs saints). Parmi ses successeurs nous citerons pour sa Sainte Justine nuirchcint nu supplice, Lucas Longhi (■[- 1562) qu'il ne faut pas confondre avec Barbara Longhi 1 552-1619; dont le M usée a une sainte famille ni avec Pierre Longhi fivoj-iyS.s) dont le fils

Alexandre Longhi (i733-i*'i3) nous montre le portrait d'un grand personnage vénitien peint dans le goût des portraitistes français du temps de Louis XV et plus particulièrement de Tocqué',

Pour le xvHi" siècle, nous avons, outre le Saint Patricf. de Tiepolo. des peintures d'architectures et de ruines {genre qui florissait en Italie au milieu de la décadence de l'art par Pietro Mirandolese [1673-1741) et de grands paysages de Zaïs, fantaisies sans aucun souci du naturel, où les fabriques, les rochers, les cascades s'accumulent : ils sont intéressants

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par leur valeur décorative et ils feraient de bons modèles de papier peint. Nous revenons au xviT siècle avec Padovinano qui est représenté par trois de ses meilleures œuvres, Judith, La femme de Putiphary une Vénitienne à sa toilette, sujets qui convenaient spécialement à la nature de son talent.

Mais le plus beau tableau du Musée de Padoue est une œuvre de Girolamo Romanino de Brescia (1485-1566) la Madone entre deux anges et quatre saints ; sur le premier plan un ange joue du tambourin. « Ici, dit Burckhardt, vit, avec la belle ordonnance archaïque, la beauté pleine du xvi*" siècle jointe à ce coloris éclatant et fin, à ces tons argentés qui caractérisent l'école de Brescia. » Romanino avait quitté Brescia, lors du sac de cette ville par Gaston de Foix et s'était réfugié à Padoue. 11 y fit en 15 13 pour l'église Sainte-Justine ce tableau transporté depuis au Musée et remplacé par une très bonne copie. Deux autres tableaux du même auteur une Cène d'un caractère plus décoratif (1521) et une autre Madone glorieuse proviennent également de Sainte-Justine.

Le Musée de Padoue contient aussi quelques œuvres de notre temps, telles que A u pays de la mer, répétition réduite du tableau de Cottet au Luxembourg, et parmi les sculptures, le Printemps de Vêla et la Lectrice de Magni, œuvre souple, gracieuse et correcte, considérée avec raison par les Italiens comme une de leurs bonnes statues modernes.

Le Musée de Padoue n'a pas que des peintures et des sculptures. On y voit une importante collection de médailles^ et de précieux échantillons des arts industriels : un plat d'étain du Français Briot, un vase de bronze d'Andréa Briosco, un plat d'argent ciselé vers 1545 par le célèbre orfèvre de Nuremberg Wenceslas Jamnitzer, une magnifique tapisserie flamande du temps de Charles-Quint représentant le départ d'une grande expédition militaire, exécutée peut-être d'après un carton de Vermeyen! Un vase de verre bleu foncé godronné qui est un des trois ou quatre échantillons les plus précieux que l'on possède de l'antique verrerie romaine. Il est presque intact et le morceau qui manque a été cassé, au moment des fouilles, par le coup de pic qui a mis au jour cet objet rare. Nous ne reviendrons pas sur les faïences. Parmi les manuscrits, nous trouvons celui du livre de Michel Savonarole avec des portraits à la plume et en couleur. Parmi les incunables, les Trionfi c Sonnetti de Pétrarque et la Medicina VoU gare de Gio-Kelham contiennent des essais les plus anciens peut-être de xylographie en couleur, annonçant bien modestement et assez maladroi-

I. Elle est dite Musée Bottacin, du nom du savant qui l'avait formée.

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