‹ Padoue & VéroneChapitre 42 sur 73 · I.ANTIQUITK · texte numérisé non relu

I.ANTIQUITK

une statue déjeune homme (un Apollon ?) ; parmi les bronzes, une branche de chêne avec des glands dorés, et un fragment composé de feuilles de lierre et de vigne avec des grappes mêlées aux feuilles. Quelques-uns des objets trouvés au théâtre ont été transportés au Museo Civico ; entre autres, le pied de bronze d'un personnage qu'au détail de sa chaussure on prut conjecturer avoir appartenu à l'ordre sénatorial. Mais ils sont peu importants, par comparaison avec d'autres œuvres antiques, provenant d'autres fouilles : une répétition de l'Agrippine au chien qui se trouve à Rome ;On voit encore la patte du chien", et surtout deux figures mutilées de femmes drapées, œuvres de ])remier ordre.

La plus belle 'que nous reproduisons' a été découverte par .Monseigneur Vignola. Elle rappelle par le caractère de ses draperies la victoire de Samothrace. N'oublions pas de signaler un tronc d'arbre de marbre auquel s'appuyait une statue et qui porte la signature de Praxitèle. La question d'authenticité est délicate ; remarquons seulement que la forme archaïque de l'inscription se rapporterait au temps de Praxitèle.

Le Miiseo Civico contient aussi une collection nombreuse et statue antique (Musée),

intéressante d'objets usuels de

lantiquité, trouvés pour la plupart lors des travaux faits récemment pour assainir et endiguer l'Adige.

Dès le xviir siècle, le marquis François Scipion de Maffe'i, érudit et poète, auteur de la Méropi^ imitée par Vol taire et de la Verotia illiistrata travailleur infatigable servi par une grosse fortune, avait formé une col-

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lection lapidaire réunie aujourd'hui dans la cour à colonnades qui précède le Théâtre Philharmonique*. Elle comprend plus de six cents numéros. Signalons-en quelques-uns pour faire comprendre l'intérêt que chacun trouvera à visiter ce musée et tout ce que peuvent nous dire ces vieilles pierres sur la vie et les mœurs des générations depuis longtemps disparues. D'abord deux bas-reliefs étrusques nous présentent une Noce et un Combat de gladiateurs (n°' i et 2). Parmi les œuvres grecques, le n"" 40 contient une institution testamentaire des plus curieuses; le n° 73 une inscription en l'honneur d'un magistrat qui avait élevé plusieurs édifices pour les athlètes concourant aux Jeux Isthmiques. Le n*" 58 est le monument funèbre d'un acteur mort fort jeune, représenté entre son père et sa mère ; le n" 89 est une pierre votive consacrée à Jupiter pour une victoire remportée à Tarse dans une course où le cavalier doit se tenir debout sur un pied. Le n"" 570 porte une femme, fièrement drapée^ entre deux petites filles, à côté d'un autel surmonté de la statue de Cupidon. L'inscription nous dit qu'il s'agit d'un monument honorifique voté par le peuple de Smyrne à Ulpia Marcellina, prêtresse de l'Amour céleste. Un autre décret du Sénat et du peuple de Smyrne 1 n" 563) honore les connaissances multiples de Marcus Astorius Asclépiades, médecin de l'empereur.

Pour les monuments latins, dont on peut trouver plus facilement l'équivalent ailleurs, nous nous bornerons à un petit nombre d'indications. Le tombeau des Clutius a deux bustes d'homme et trois bustes de femme ; de la stèle funéraire d'un jeune homme couché et soutenant sa tête de la main se dégage un grand sentiment de repos et de douceur ; mais cette sculpture ne vaut pas la belle tête de femme (n° 93) levant les yeux au ciel et le bas-relief non numéroté placé sous le péristyle en face de la porte d'entrée : il représente une bacchanale. Une inscription rappelle des différends fort vifs entre les habitants d'Ateste (Este) et ceux de Vicence, relativement à une question de limite réglée enfin par l'arbitrage du proconsul Silanus ; le proconsulat de Silanus place cet événement aux environs de l'an 617 de Rome. Près de là, « les cités d'Alexandrie, d^Hermopolis la Grande, l'assemblée des grecs d'Antinoe, les Grecs habitant le Delta et le nome de Thèbes » honorent pour sa probité et son éloquence Publius Œlius Aristide Théodore. Il s'agit du célèbre rhéteur, disciple d'Hérode Atticus^

1. Les œuvres de Maffei ne comprennent pas moins de 28 vol. in-8'', éd. de Venise 1790. Maffei né à Vérone 1673 et mort en 1755. La statue se voit sur la Place dei Signori. Le palais Maft'ei est un des principaux édifices de la Piazza deir Erbe ;voy. ci-dessous).

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