L'ANTIQUITÉ
Deux arches romaines sont conservées dans le pont S. Pietro reconstruit par Fra Giocondo. Elles se distinguent nettement par la couleur et la disposition des matériaux. Il ne reste des thermes qu'une pierre qui fait partie de la fontaine de la Piazïa dell'Krbe et une grandecuve aujourd'hui à San Zeno où elle a servi de fonts baptismaux.
Mais Vérone peut montrer depuis quelques années d'autres ruines antiques qui ont un intérêt aussi grand que ses arènes : ce sont les restes de son théâtre,
Ce théâtre, dont Palladio et Serlio pouvaient voir encore des parties
Paris le 31
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importantes, avait été de plus en plus caché par des constructions nouvelles faites principalement avec ses matériaux, et ne présentait plus que des décombres informes, lorsque Antonio Mon^a entreprit de le retrouver. Il mit au service de cette idée, qu'il avait conçue dès sa jeunesse, tout ce qu'il avait d'érudition, de talent, de dévouement et d'énergie. Il consacra à cette œuvre une bonne part de sa fortune. Il ne put commencer les fouilles régulières qu'en i834 et les poursuivit jusqu'à sa mort(i86i). On les continue encore aujourd'hui. Ces travaux sont assez avancés pour qu'on puisse pleinement juger de l'importance du monument. On y voit de véritables « loges » séparées par des cloisons de pierre, largement évasées ; on y distingue aussi un « euripe » ou canal entourant l'orchestre. Cette séparation protectrice de l'euripe s'explique pour un cirque ou un amphithéâtre; sa présence ici ferait croire que ce théâtre servit aussi à des combats de bêtes fauves ou de gladiateurs, et un bas-relief placé dans le petit musée, annexé aux ruines, où l'on a recueilli les objets trouvés dans les fouilles, nous montre en effet un gladiateur thrace combattant une panthère. On a prétendu aussi que cet euripe, alimenté par les eaux de l'Adige, permettait de transformer aussi le théâtre en naumachie ; mais cela souffre des objections sérieuses ^
Quoi qu'il en soit, ce théâtre est un beau témoignage de la puissance romaine, joignant, au goût de la grandeur, qui ne recule devant aucune dépense pour atteindre l'effet voulu, l'esprit pratique qui évite toutes les dépenses inutiles. Ici, comme à Saintes, comme à Orange, la nature a fait les frais d'une grande partie de la construction et c'est dans la colline qui porte aujourd'hui le Castello San Pietro que la cavca a été taillée V Le théâtre comme les arènes nous confirment d'une façon éclatante ce que nous savons de la prospérité de Vérone à l'époque romaine. Son hémicycle a un diamètre supérieur à celui du théâtre d'Orange : 1 12 mètres au lieu de 103.
La disposition et le style de plusieurs des sculptures qu'on y a découvertes font croire qu'il date du siècle d'Auguste. Dans les objets conservés au musée annexe nous signalerons : parmi les marbres, outre le bas-relief du gladiateur, une tête déjeune faune dans la force de l'âge et
I. V. Sérafino Ricci, // Tcatro romano di Vcrona,, in-8'', Venise, 1895; Gherardo Ghirardini. Noti\ia sugli scavi ciel tcatro roiiiiino di Verona^ estratto délie Aoti\ie defiU seijvi\ anno 1905, fascicule 9, Roma 1905. Tipografia délia Reale Accademia dei Lincei. — Quelque tempsavant la mortde Monga, l'architecte français Edmond Guillaume, alors pensionnaire de la Villa Médicis, avait étudié avec soin le théâtre de Vérone. Son mémoire et ses dessins se trouvent à la Bibliothèque de TEcole des lieaux-Arts à Paris.
• 2. On sait qu'on appelle Cavea l'ensemble des gradins occupés par les spectateurs.