‹ Padoue & VéroneChapitre 47 sur 73 · LE TEMPS DES DELLA SCALA · texte numérisé non relu

LE TEMPS DES DELLA SCALA

l.a sculptun- du mdvi'n ;'i délia Signori;!,— [.a l'i:

à ViTom-, — r,e ciiiiL'iii-n- de S, M. Antica. — La Piazzii a deir l-rbe. — Le Cast.Olo Vrccbio. — Le p<.nt des Scaligcrs.

Au style roman appartient aussi l'église Santa Maria Antica, petit monument fort simple, mais qui est une des plus célèbres églises de Vérone. Car devant elle ou contre ses murs sont les tombeaux des Scaligers.

Le cimetière des Scaligers constitue avec les places voisines dclla Signoiia et dclV Jîrbc, un de « ces paysages artistiques », une de ces résurrections historiques, profondément caractérisées dont on trouverait difficilement ailleurs l'équivalent et qu'il est par conséquent plus intéres-

1,1-: TEMPS Ui^S JÎRI.LA SCALA ug

sant de mettre dans ses souvenirs de voyageur que des monuments esthétiquement supérieurs.

Si les sculpteurs étaient nombreux à Vérone, à la fin du Xlll' siècle, ils manquaient de talent' et lorsque les Scaligers voulurent élever leurs célèbres tombeaux, ils eurent recours aux Milanais.

Mais peu importe que les auteurs en soient des

des Scaliiîfr

p. III) nllu^^ trouvons plu^iifiirs l'chaiitilliJiis tiiiijcuirs r.ircs [lour l'iirt Jo cftli- parti.' du m-yn :ige. I^ plus prL-.iriix rst la série des pl;u|ii.'s dr hnirur

itù doiit'es sur l.-s vaiu^iux di; buis des portes <|u'iK r.'Cuuvrciu

piiré.s pardc's bi.niuns qui finit crirpa avec la plaqui- . npri-sentcnt des sci-nes d.- la liililr.

de l'Èvanmile t-t <ir la \n- d.

saint Zi-m.n. A la dinV-riUL.: dce que l'on verra plus tard,

Ghiherti pciur sa première pi)rte du baptistère de Kli>rencc'. jos artistes therthent à représen-

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grand nombre passible de per-

s.innani-s. Ils tiennent cepen- Tomhcju do Cm.- Gr.i.Jc Jdl;i ■

diint il être compris et à bien constituer le sujet, quoique aux

moindres frais qu'il ^e pourra. Ils s'efforcent vers le mouvement avec une naïveté amusante toujours et parfois émue [/.■ Clirisl en font penser à tes /'iip'i{{i, poupées de formes queleonques, mal quelque chose de l'âme de ceux qui les font mouvoir. Ces por II''. Xicolaus et Guglielmus or

étrangers, s'ils ont su nous conserver comme une vision condensée de la Vérone du xiV siècle et des hommes qui la gouvernaient.

C'est quelque chose de terrible et de parfois enfantin, un mélange d'élégance artistique et de brutalité, une œuvre à la fois fastueuse et militaire où le luxe raffiné de la vie princière s'unit à la rudesse féodale, où se font sentir la prodigalité facile d'une richesse exubérante et la force impitoyable. Lorsqu'on voit — surtout à la tombée du jour, — ces trois chevaliers avec leurs armures fantastiques et leurs grandes lances verticales se dressant sur cet amoncellement de statues, d'arcades, de colonnes, de pyramides, on dirait d'immenses épouvantails.

Le plus ancien de ces trois monuments est celui de Cane Grande délia Scala, mort en 1329 et dont le tombeau était achevé en 1335. Ici l'homme était digne de ce beau sépulcre. Car certainement il fut un des meilleurs souverains de son temps. Les contemporains nous le représentent brave, constant dans ses principes, franc dans ses discours, fidèle à ses engagements. Chéri à la fois des soldats et du peuple, il avait su gagner par sa justice ceux qu'il avait domptés par la force.

Un des premiers parmi les princes lombards, il fit de la protection des lettres et des arts une des préoccupations importantes de son gouvernement. îSa cour servit d'asile aux Gibelins et Dante reconnaissant de l'accueil qu'il avait reçu, ne place dans VEnfcr aucun de ceux « qui sur l'échelle (Scala) portent l'oiseau sacré », c'est-à-dire l'aigle impériale ^

le portail de San Zenu. Cuigiiclmus l'a même accompagné d'un quatrain en vers latins

Qiii Icgis est.i pic, — - XaUim placato Marie

Salvct in aptcrnum — Qiii sculpserit i>ta Gugliclnium.

Nous ne demandons pas mieux que d'espérer pour rame de Guglielmus l'éternité bienheureuse; mais son nom ne méritait pas de traverser les siècles. Kn présence de ces sculptures barbares f»ù de simples ronds colorés en noir indiquent les yeux, n'est-ce pas ag^açant que ce (nii^jlielmus soit connu et que l'on ignore le nom de nos admirables imagiers français du moyen âge. Comme on fait bien de signer ses œuvres. Nous savons ainsi qu'un certain Adam us a travaillé aux sculptures de la crypte de Saint-Zénon où Ton voit des sujets singuliers, comme un centaure chassant le cerf et des coqs vengeurs portant suspendu à un bâton le cadavre d'un renard. Ce second sujet pourrait être aussi bien que le premier une imitation de l'antique, car on voit des sculptures analogues parmi les bas-reliefs romains du Musée de V^iennc en Dauphiné. On trouve encore, parmi les sculpteurs de San Zeno, Briolottus, auteur des Fonts baptismaux et d'une Roue de la Fortune entourant la grande rosace du portail. Les sculptures des Fonts baptismaux de San Giovanni in Fcmte sont postérieures et témoignent de quelque progrès. Signalons aussi à San Zeno un assez beau crucifix gothique et sur la clôture du chœur, le Christ et les apôtres (xiii'' siècle . La statue en marbre rouge de saint Zenon (dans le chœur) serait du lV* siècl<\

I. Dante désigne \c\ PariUiis, 17, 72, les Scaligers ou délia Scala par leur blason. h\''i/ie//c que portait leur écu (arme parlante) fut surmontée de l'aigle impériale,

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