CHAPITRE VII
LES <■' INTARSIATORI ■> VÉRONAIS
Les stallfs de S. M. in organo.
Le nom de Paul Véronèse suffi ta montrer combien la peinture de Vérone l'emporte sur sa sculpture. Vérone s'est placée au premier rang dans un art qui tient le milieu entre la peinture et la sculpture ; nous voulons parler de cette mosaïque de bois vernis de diverses couleurs, mosaïque que les Italiens appellent tarsiii et dont nous avons trouvé à Padoue des échantillons remarquables. Si ce yenre de travail a été pratiqué dans d'autres pays,
c'est surtout en Italie qu'il a brillé et les •■ intarsiatori ■> Italiens sont sans rivaux. Or en Itiitie même, les intarsiatori véronais l'emportent sur tous les autres. Ils ont une habileté merveilleuse à tirer parti des ressources restreintes du procédé'. Par l'exacte appréciation de la valeur relative de ces tous atténués et d'une yamme en somme ]it'u variée, ils obtiennent des résultats vraiment extraordinaires. Ils arrivent à rcproiUiire non seulement des meubles et objets de toute sorte ^livres ouverts, missels aux pages à demi froissées, horloges, instruments de mathématique et d'astronomie, etc. . non seulement des intérieurs d'édifices oii ils déploient une science raflinée de la perspective, mais des paysages avec des effets de lumière et de lointain, sans parler de la figure humaine dont ils ont soin d'user avec discrétion. Ajoutons qu'ils ne se perdent pas dans la minutie du détail et font de éritables œuvres d'art.
Ce travail de conscience et de patience
ut surtout pratiqué par des moines. Les
intarsiatori " véronais étaient recherchés
dans toute l'Italie, même en Toscane où
; artistes de ce genre ne manquaient
pas. L'ra Gabriello de Vérone exécuta une