‹ Padoue & VéroneChapitre 65 sur 73 · St<-1;ir · texte numérisé non relu

St<-1;ir

et puur a

1^2'; tut pour fils KriiTitisco, né vers 1^54, pour pctils-fils Cali rriOre ptlit-tils, traiidsco tous peintres.

LA PEINTUKK A VICRONK AU TKMPS D !■; LA R I';N AISS ANCK

la Naissance dit Sauveur au Museo Civico. Quelle profonde piété, quelle foi partout répandue ! La Vierge est surtout admirable. L'expression de l'adoration pour le Dieu et de l'attendrissement de la mère à la vue du petit enfant qui, tout Dieu qu'il est, est vraiment sien, l'attitude de cette prière admirative et familière, étonnée et émue, qui s'arrête avant d'avoir joint complète^ment les mains, la personnalité même du type de jeune fille de la campai^ne avec se-i bandeaux plats etla précision de son ajustement, tout contribue à faire de cette figuriun véritable chef-d'œuvre, lu quelle science , — science spontanée et naïve, qui n'a rien d'actuellement chiTchi'' et découle simplement du talent acquis de l'artiste, — dans cette même figure de la Vierffe qui se présente de face et dans le corps de l'enfant qui. courbé sur une dalle devant elle, sourit en tournant la tète vers le spectateur 1 L'amour du détail réel, qui est aussi un trait caractéristique du miniaturiste, se décèle dans la variété des éléments du paysage, dans la ligne d'horizon démesuré- Er. i.„h\à.,. t.iMc.ui ,r,uu<:i .s. i-L-nnu Ma(iniori>>.

ment élevée, dans les plantes

fleuries du premier plan, et dans les deux petits lapins qui, sortant de leur terrier, ^'arrêtent encore indécis sur le chemin qu'ils vont prendre. On dirait de Raphaël continuant à peindre dans te sentiment de sa première manière, mais sans oublier la science qu'il dut à l'enseignement florentin, (j. dei Libri est vraiment un des maîtres de la grande Renaissance et ce n'est guère qu'à Vérone qu'on peut juger de tout son mérite. Malheureusement l'influence de l'école de Raphaël se fit plutôt sentir, sur les bords de l'Adige, par l'intermédiaire de Jules Romain. Grand personnage, architecte, ingénieur, autant que peintre, il était devenu

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depuis 1526. dans le voisinage de Vérone, comme l'intendant des Beaux- Arts du duc de .Mantoue, situation que Mantegna avait déjà occupée avec l'autorit'- <iue r<m sait. Jules Romain n'était certes pas un artiste

ordinaire; mais, empiirté par sa facilité, il 1

squait de tomber dans une rhétorique assez vide, défaut qui ne ])ouvaiC manquer de s'aggraver dans ses imitateurs. C'est d'après ses cartons que Francesco 'l'orbido, dit il .Moro l'mort après 154(11, peignit les Scî'iKS (if la \'ie dd la Vierge dans la demi-coupole et les murs supérieurs de l'entrée du chœur à la cathédrale de Vérone, Ce sont, à tout prendre, des œuvres médiocres. Torbido est plus heureux lorsqu'il est simplement livré à luimême 'tableaux à Santa Hufemia, à S. Fermo et au .Wusée'. L influence vénitienne intervint alors heureusement pour arrêter le succès des « maniéristes ».

Tout en laissant librement ouvert le champ de la richesse et de la fantaisie.

(:.lïu«„1j. ]x-^^ciiu- de >ioL\ (Mu.éi; . elle maintint les Véronais

dans la voie de l'étude sincère de la nature et dans la spontanéité du sentiment.

C'est ce que montre Paolo Moranda, dit Cavazzola '[486-1522) dans sa Descente de Groix du .Musée '1517) ou la précision des formes de Mantegna tend à s'unir de plus en plus, comme on l'a vu déjà dans Caroto, à l'aisance brillante des Jiellini et des (iiorgione. L'excellent coloriste s'affirme mieux encore dans les figures pleines de vie et de caractère de St Michel et SI Paul au même musée. Enfin Cavazzola est un des précurseurs du paysage moderne. Ce talent de paysagiste se montre

LA PEINTURK A VKRONE AU TKMPS DK T.A K KN' AISSANCE

dans sa Mûi/onr avec des saints du .Musée '1522) et dans la Descente de Croix déjà citée, où le fond nous rappelle la vue de l'Adige à Vérone et de la colline San Pietro '.

L'influence vénitienne étaitdéjà très sensible dans un peintre antérieur d'une génération à Cavazzola, (iir, Mdceto ^né vers 1454) qui aimaitaussi comme .Mantegna les beaux (;ncadrem('nts formés de guirlandes de fleurs et de fruits Modoiie a S. .M. in Organo'i. Ivlle l'est moins dans le peintre plus moderne (iiolfino qui travaillait de i^XU à 151S 2" et 4" autel de gauche à S. Anastasia : Deseenle du S. l-.sprit. Jésus mur S. lirasme et

S. Georges; fresques à S. .M. in (^rgano. chap. à droite du chœur : VAssoinplion. la Mmiiie. t'Ai/neûii Pascal avec de curieux types juifs). Elle domine absolument chez les itonifazio qui se rattachent à l'école du Titien. On distingue aujourd'hui trois Bonifazio appartenant à la même famille dont le véritable nom était Pitati. Le premier (f 1540) et

1. Autrcsivuvresdo l\ivaïïol;i ;iu musC-i' -J-siis .i Gc-llisenLiiii, U l'orlcmeiil Je Croix, /<■ Ciirist .■ts.ii'il riioiiuis. 11- B.iptciiu- Jn ChrisI, du disposition encore assez archaïque et provenant de SS. Nazaro c C^lso ..ù on aurait dû le laisser, comme on aurait du laisser il b. Bernardino la niadime citée plus haut. SS. N'azarn <; Celso a conserve- sa premit-re œuvre connue, ;(/;,■ Aiiiiiiini.itioii ,/,■ :;[0. S. Anastasia possède la MaJcUin,partie par des .iii/;es. au-dessus St Paul et d'autres saints. Le Musée contient aussi de lui plusieurs fif;urc;s de saints parmi lesquelles le bienheureux Bernardin presque contemporain est d'une impression singulièrement vivante et amusante. On ne peut rendre avec plus de finesse la physionomie d'un homme spirituel et bon qui dans une discussion, pendant que parle son adversaire, le menace du doigt en lui disant ; prends garde à toi, .ill.-iiJe tibi.

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le second (1494. — Venise 1553), travaillèrent le plus souvent ensemble. Le troisième, dont on a des tableaux compris entre les années 1555 et 1579, est fort inférieur, il était né à Venise. D'ailleurs, aucun des Bonifazio n'a d'oeuvres importantes dans son pays d'origine.

Dans le second tiers du xvr siècle, les deux peintres les plus réputés de Vérone étaient Domenico Brusasorci et Antonio Badile.

Domenico Ricci, Rizzi ou Riccio (1494- 1567), tenait son singulier surnom de Brusasorci ou Brusasorici, c'est-à-dire preneur de souris, de son père sculpteur sur bois qui avait inventé un nouveau piège pour se débarrasser de ces rongeurs. Fr. Carotto, ayant remarqué les dons naturels du jeune Domenico, le prit avec lui. A Vérone, D. Riccio a exécuté plusieurs peintures religieuses recommandables. Ses fresques d^une partie de la voûte et le grand tableau du chœur de vS. Stefano ne valent pas sa Vierge sur les Nues accompagnée de divers personnages à Sainte-Eufemie et surtout son autre Vierge glorieuse de vSS. Nazaro et Celso, qu'il n'exécuta certainement qu'après avoir étudié les œuvres du Titien. Mais ce qui nous intéresse le plus, se sont ses peintures historiques. La Surprise à Isola délia Scala de François de Gon^^ague vaincu et fait prisonnier par (iirol. Pompeii décorait une salle du rez-de-chaussée dans le palais de cette famille. Cette peinture fut détruite lorsqu'on modifia la construction de Tédifice. Heureusement nous avons encore au palais Ridolfi (aujourd'hui Lisca), la grande frise représentant la Cavaleade de Charles-Quint entrant à Bologne avec le pape Clément VIL Quoique cette composition, comme on va le voir, ne soit pas complètement originale, elle est le chef-d'œuvre de Brusasorci et, en tous cas, une des peintures les plus im])ortantes du XVl*" s. Charles-Quint, vainqueur de François V\ arbitre de l'Europe, ayant ramené le pape Clément VII (Jules de Médicis) dans son alliance, avait fait une entrée solennelle à Bologne {22 février 1530) pour s'y faire couronner roi d'Italie, puis empereur romain (24 février). La fresque de l^rusasorci représente le cortège des cours papale et impériale réunies avec les principaux personnages de l'Italie, cardinaux, guerriers, princes, magistrats. Presque tous sont des portraits. Ant. de Leyva, un des vainqueurs de Pavie, auquel ses blessures rendaient impossible l'usage du cheval, y a pris place sur une chaise portée par des soldats. On l'a représenté se reposant à l'extrémité du cortège, son siège étant posé près d'un canon. Un des côtés de la salle est occupé par les divertissements accordés au peuple. On y voit, entre autres, quatre hommes déployant toutes leurs forces à faire tourner au-dessus d'un brasier ardent un treuil servant de broche

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