CHAPITRE IV
LliS l-CI.ISHS
Les l'adimaiis vainqueurs ramcnJTLMit k' corps du saint en triomphe à l'église Sancta -Maria Matt;r dnmini qui datait des premières années du xil' siècle. .Mais cette éj^lisc leur parut peu tlii^^ne d'une pareille relique et ils résolurent d'élever sur son emplacement un temple magnifique spécialement destiné à la contenir
La basilique de Saint-Anlnine de l'aitoue, désii^née sous le nom populaire de // Siiiito. fut cunimcncée dès 12^2 et terminée d'ensemble, du moins pour la nef prinri])ale. m lyi-. \'asari dit (jue Xieolas de Pise dirigea sa construction ; mais les eircon stances historiques, comme le style
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du monument, rendent cette opinion inacceptable. Aucun des documents relatifs à ces travaux ne rappelle le nom de Nicolas Pisano, Or ce nom était trop célèbre pour qu'on eîit oublié de le mentionner. De plus, pendant cjue cet artiste aurait pu travailler à la basilique, on sait qu'il était occupé ailleurs. Enfin le stj-le 'raison intrinsèque à peu près décisive) est fort différent de celui des autres édifices qu'il élevait à cette époque.
Par exemple l'arc brisé de l'architecture ogivale y est employé, — non pas exclusivement sansdoute, mais couramment, — non seulement à ta façade, mais dans l'intérieur. C'est là un signe d'une influence artistique arrivée en Italie a travers les Alpes et c'est là aussi un caractère de l'architecture franciscaine, les franciscains ayant été des premiers à pratiquer le style ogival en Italie. iMais à côté de ce style franciscain, l'architecture de la basilique a aussi un caractère régional par ses coupoles byzantines et ses toitures métalliques à la façon de Saint--Marc de Venise'. Cette juxtapo-
I, Vnvi'/ !a discussion ilans Si'hatic-.i, paijis ii vt siiiv. Parmi [--^ prciiii'Tsari-hitcctr's du S.mli.s.- tn.iivii prolKiblciiicnt ]-■ mnii..: Fra tar.-ll<. qui sa distinj^ua par sa bravoure
sition ou plutôt cette union des deux styles est comme le symbole des sentiments inspirés par saint Antoine aux Padouans qui voyaient en lui le représentant le plus éminent de l'esprit franciscain dans sa généralité et aussi le protecteur spécial de leur ville. Les parties secondaires de Téglise ne furent achevées qu'en 1424. C'est alors qu'on fit les coupoles. On travailla encore à la basilique aux siècles suivants : on l'orna, on Tembellit; on la gâta aussi, surtout lorsqu'on la restaura après l*tncendie de 1749 et qu'on eut l'idée malheureuse de la blanchir à la chaux '.
L'intérieur contient diverses chapelles qui sont autant de petites églises de styles divers. La chapelle S. Giacomo (Saint-Jacques; prit le nom de chapelle de Saint-Félix, lorsqu'on y transporta en 1504 le corps du pape Félix, mort pendant les persécutions d'Aurélien (274 . Elle a été élevée de 1372 à 1377, et compte j)armi les chefs-d'œuvre d'architecture de cette époque. File occupe aussi une place imj)ortante dans l'histoire de la peinture ■'. La cha])elle dédiée à Luca Belludi date de 1392 et est d'un style analogue.
La chapelle des reliques ou du trésor, exéculée sur les plans de l'architecte et sculpteur génois Filippo Parodi (ih8() , est surchargée et contournée dans le goût du temps. File présente un ensemble décoratif brillant et agréable et donne un exemple de la tyrannie que la mode exerce jusque dans l'art religieux. Ici du moins la mode n'avait rien démoli. Il n'en fut pas de même du maître-autel de Donatello (1444-1449) qui fut transformé dès la fin du seizième siècle. .NI -('. Boito a rétal)li, autant qu'il Ta pu, l'ancienne disj)ositi()n et l'on doit s'en féliciter, lùait-il aussi nécessaire de remplacer les vieux vantaux de bois du portail de la basilique? En tout cas les nouvelles portes de bronze font honneur aux fondeurs italiens ; elles rappellent les j^ortes du baptistère de Florence et la figure humaine s'y mêle heureusement aux éléments tirés de la flore.
On travaille et on travaillera encore longtemps à l'ornementation de Téglise du Santo et l'on s'occupe de décorer plusieurs chapelles, dont les murs sont encore disponibles, de peintures ([ui. si Ion en juge par ce qui a été fait, compteront parmi les œuvres les plus recommandables de la peinture italienne contemporaine. On a aussi savamment restauré en 1852
dans la lutte contre Ir tyran Kcfcliin» et >\nîpara d'un i-tnidard >ur \v champ d(; bataille.
1. Elle avait été déjà fort t-ndommai^ée m ihif) 2.} mai par r<xi)lM>,i.>n de la poudrière située prés du Mail.