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LE CULTE DU SOLEIL

L'Église catholique a emprunté aux religions antiques leurs fêtes agricoles, lesquelles sont liées intimement aux phases du cours solaire ; c'est bien le soleil et l'agriculture qu'elle célèbre dans les jours solennels de Pâques, de la Pentecôte, de la Saint-Jean ; mais la grande fête de Noël, que l'Eglise a empruntée à la religion de Mithra, a un caractère exclusivement solaire.

€ La fête romaine du solstice d'hiver, célébrée le 23 décembre pour fêter le dieu du Soleil Mithra, semble avoir été instituée dans ce but spécial par Aurélien, en Tan 273 de l'ère chrétienne ; c'est à cette fête que ce jour doit le nom qui lui a été donné, Noël, c'est-à-dire anniversaire de la naissance du Soleil victorieux : (lies natalis solis invicti. L'Église chrétienne d'Occident adopta, vers le iv® siècle, ce jour con-

sacré, poussée sans doute à cette adoption par les idées symboliques qui s*y rattachaient, sans se préoccuper de la concordance historique : elle en fit l'anniversaire solennel de la naissance du Christ, le dies natalis chrétien, Noël. Depuis lors, TÉglise chrétienne d'Orient a adopté la môme date pour célébrer le même anniversaire... La tradition des cérémonies célébrées en l'honneur du Soleil, au milieu de l'hiver, s'est perpétuée longtemps en Europe sous la forme des feux de joie de Noël, que rappellent encore dans bien des familles la bûche ou la souche de Noël. Enfin l'hymne que l'on chante aux offices le jour de Noël : Sol notms oritur^ « un soleil nouyeau estné », rappelle encore aussi clairement que jamais l'adaptation de l'antique pensée solaire à l'allégorie chrétienne *. »

La fête du Soleil à Noël a sa contre-partie au milieu de l'été. Le solstice d'été était, dans l'Europe entière, l'époque consacrée des fêtes célébrées en l'honneur du feu; on allumait des feux de joie sur les collines, on dansait autour de ces feux, on sautait à travers, on faisait rouler des blocs enflammés jusque dans les vallées comme un symbole de la course décroissante du soleil. Le christianisme a adopté ces anciennes coutumes; et ces cérémonies ont été célébrées dès lors, la veille de la Saint-Jean, le 23 juin.

Avant chacune des quatre saisons ou phases du cours solaire, l'Église prescrit un jeûne de trois jours, appelé les gitatre-temps, sacrifice offert au soleil.

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