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Renan, les Evangiles

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la fin du i***" siècle explique d'une manière plausible comment le désir de conserver la suprématie a pu amener l'École de Pierre à intercaler dans son Évangile l'addition de XVI, 18, où Jésus confère la direction suprême à Simon-Pierre. Quoi de plus naturel et de plus vraisemblable que le Maître ait institué comme son héritier et successeur le premier des douze Apôtres, son disciple le plus dévoué! Ainsi consacré par une bouche divine, le prestige de Pierre rejaillissait sur le groupe qui le reconnaissait pour chef; il lui assurait auprès de la piété des Fidèles la primauté avec tous ses privilèges.

D'autre part, le mot Eglise, Ecclesia, dans son sens large de Religion définie, ne se trouve que dans le verset de Matthieu, XVI, 18 *; il ne figure ni dans saint Marc ni dans saint Luc, c'est*à-dire dans les deux autres Synoptiques. Cela indique que déjà l'évolution de la communauté chrétienne en rameau détaché du Mosaïsme originel, bref en Église indépendante, avait fait un pas décisif; puis, que cette phase est postérieure à l'Évangile selon saint Luc.

Il s'ensuit que l'étude des mots ainsi que celle des origines historiques aboutissent toutes deux à la conclusioneuivante : Le calembour faussement attribué à Jésus a dû vraisemblablement être intercalé dans l'Évangile selon saint Matthieu au commencement du ii® siècle.

1. Le mot Église dans le sens de Assemblée d'une confrérie, mais non dans celui de Religion constituée, est répété dans Matthieu, XVIH, 1-7.

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