‹ Paganisme des hébreuxChapitre 119 sur 137 · E. Febrièbe, lei Apôtres^ chap. V, Jésus et rEssénisme · texte numérisé non relu

E. Febrièbe, lei Apôtres^ chap. V, Jésus et rEssénisme

lo déclare Pierre lui-mème^ C4'est ainsi que la confrérie des Franciscains ou celle des Dominicains, sans s'écarter de l'orthodoxie catholique la plus étroite, se réclament, Tune du nommé François d'Assises, l'autre du nommé Dominique de Castille, tous deux également hommes autorisés par des miracles.

La propagande que saint Paul fit dans l'Asie Mineure, et les petites communautés qu'il réussit à fonder chez les Grecs asiatiques, modifièrent les conditions évolutives de la communauté naissain te. L'Asie Mineure, en effet,. était imbue des théories gnostiques. fond immanent de toutes les religions orientales. De là, dans la communauté chrétienne, deux groupes distincts, à savoir, celui des judéo-chrétiens de Jérusalem et celui des helléno-chrétiens de l'Asie Mineure. L'hégémonie durant le premier quart de siècle appartint naturellement au groupe judéo-chrétien; mais les différences entre les croyances et les mœurs étaient trop profondes pour que l'accord pût régner longtemps. L'antagonisme, du reste, avait éclaté du vivant de saint Paul; il avait fallu la prudence diplomatique de Jacques, frère de Jésus, pour que la scission ne se consommât pas dans le sang de l'Apôtre des Gentils. La destruction de Jérusalem par Titus, en 70, porta un coup mortel à la communauté judéochrétienne; elle survécut encore de longues années,

\. Actes des Apôtres, II, 22. G Israélites, écoutez les paroles que je vais vous dire. Jésus de Nazareth était un iiomme que Dieu avait autorisé parmi vous par les miracles, les prodigCR et les effets surprenants qu'il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.

mais cette survivance ne fut qu'une lente agonie. Ce fut donc le groupe helléno-chrétien qui l'emporta dans la concurrence vitale; c'est lui qui peu à peu fit passer à l'arrière-plan le Mosaïsme de Jésus, et rétablit, sous des noms différents, le Polythéisme populaire des races gréco- latines ainsi que la métaphysique des Triades orientales. Au iv® siècle, en 325, cette révolution reçut du Concile de Nicée sa solennelle consécration.

En considérant l'ensemble des chrétiens vers la fin du I®' siècle ou au commencement du n°, on y peut distinguer trois catégories principales :

1° Les Juifs hébreux, débris de la communauté de Jérusalem : ils parlaient hébreu; leur livre était un Évangile hébreu, aujourd'hui perdu;

2° Les Gentils hellénistes, de l'École de saint Paul : à cette époque, leur Évangile était le 3" Synoptique, celui de saint Luc *;

3* Les Juifs hellénistes: ils parlaient grec; mais au point de vue de l'exclusivisme mosaïque, ils se rattachaient au groupe hébreu. « Matthieu^ XV, 24. Je n'ai été envoyé que vers les brebis perdues de la maison d'Israël », dit leur Évangile. Écrit pour les Juifs de la Syrie ^, l'Évangile selon saint Matthieu avait absorbé, en le modifiant, l'Évangile selon saint Marc: en outre, il semble avoir traduit en grec la majeure partie de l'Évangile des Juifs hébreux.

La rivalité d'influence et de doctrine qui existait entre l'École de saint Pierre et l'École de saint Paul à

1. Renak, les Evangiles, 262. Saint Luc a écrit pour les non- Juifs.

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